‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 90 sur 362 · XVI AOUT. — P. BALTHASAR-JACQUES DE LOYOLA · texte numérisé non relu

XVI AOUT. — P. BALTHASAR-JACQUES DE LOYOLA

si je t'aimais moins divinement. Je te laisserai donc ce travail ; mais cependant je veux l'adoucir » ! Et lui découvrant aussitôt la plaie adorable de son Cœur : « Applique ici tes lèvres, ajouta Jésus, et puise la force à cette source de la charité et du salut ». Comme il avait obtenu l'hospitalité parmi nos Pères et Frères de Messine, Balthasar de Loyola prenait sa part de leurs pratiques d'humiliation ou de pénitence. Pendant qu'il lavait un jour la vaisselle : « Balthasar, lui dit la très sainte Vierge, que tu me fais plaisir ! car moi aussi, lorsque je vivais à Nazareth, je remplissais, après chaque repas, cet humble office ; et mon Jésus se faisait un bonheur de le remplir de même avec moi » ! Enfin François de Borgia vint l'inviter du ciel, à se consacrer à Dieu dans la Compagnie. Après toutes les épreuves du noviciat, subies à Rome dans la maison de Saint-André, sous les yeux du P. Jean-Paul Oliva, qui tenait à s'assurer par lui-même de la constance et des vertus d'un tel néophyte, le P. Balthasar de Loyola reçut l'ordre d'aller étudier la théologie à Gênes et à Naples ; il y fit comme l'apprentissage de son apostolat, catéchisant sur les galères et parmi les esclaves de ces deux grandes villes, toute une population de captifs musulmans ; et, avant d'aller mourir en Espagne, il en gagna près de mille qui reçurent le baptême de Jésus-Christ.

Patrignani, Menol.^ 15 sett., p. 115. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 882-911. — Cassani, Varones ilustr., t. 3, p. 621 et suiu. — BnuNACci, Cf. Aguilera et Cassani, Op. et l. c.

Le seizième jour d'août de l'an 1624, mourut à Naples le

182 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

P. Charles Mastrilli, oncle du célèbre martyr Marcel Mastrilli, d'une noble et chrétienne famille de Noie, qui pendant une année entière avait donné l'hospitalité à nos Pères, à leur première arrivée dans cette ville. Cependant la jeunesse de Charles n'avait pas été sans inspirer quelques inquiétudes. Envoyé à Naples auprès d'un de ses frères, Scolastique de la Compagnie, pour y suivre les cours de philosophie, il s'occupait moins d'étudier que de passer gaiement son temps ; et ses cahiers, disent les historiens, étaient plus chargés des caprices de son cra3on que des savantes thèses de ses professeurs : il rêvait beaucoup au métier des armes. Mais un jour conduit au P. Bernardin Realino pour se confesser, son cœur fut tout à coup changé ; et avant que le vénérable serviteur de Dieu eût ouvert la bouche, il s'écria, comme s'il avait répondu à une voix intérieure qui le pressait depuis longtemps : « Père, aidez-moi ; je veux entrer dans la Compagnie ; je ne me lèverai pas d'ici que vous n'a^^ez promis de m'aider ».

Le P. Alphonse Salmeron était alors Provincial de Naples ; il admit sans peine le jeune homme qui cachait de merveilleuses qualités d'esprit et de cœur sous ces apparences frivoles. Le changement de Charles Mastrilli fut complet ; il remplit les charges les plus importantes dans sa Province, et gouverna celle de Sicile avec une grande sagesse dans des circonstances délicates. Mais il excella surtout dans la prédication. Il avait une puissance étonnante de persuasion. Prêchant à Gênes, le jour de l'Annonciation, en faveur d'un hôpital qui ne pouvait plus continuer ses aumônes, il représenta sous des traits si vifs et si entraînants le Fils de Dieu descendu dans le monde comme dans un vaste hôpital pour se charger de tous nos maux et les guérir, et se con-

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