‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 92 sur 362 · XVII AOUT · texte numérisé non relu

XVII AOUT

Le dix-septième jour d'août de l'an 1017 mourut à Noie, après plus de treize mois de souffrances, le jeune Frère Scolastique François LiBETA, formé dès ses premières études aux plus belles vertus par le Vcn. P. Bernardin Realino. François Libeta semblait n'être venu dans la Compagnie que pour prier, obéir et souffrir. II se pénétrait si profondément de la présence et du respect de Dieu, dans son oraison, qu'il y paraissait tout absorbé et en sortait le visage inondé de larmes et enflammé d'une ardeur céleste. Cependant la délicatesse de sa santé ne permettait pas de l'admettre à ses premiers vœux ; déjà même les supérieurs pensaient à le renvoyer dans sa famille, quand le Vén. P. Realino intervint, en assurant que le novice guérirait, mais que la maladie ne tarderait guère à revenir; Dieu, ajoutait-il, voulait lui accorder la grâce de mourir religieux de la Compagnie. Et en effet, le jour même où le saint vieillard expirait, quelques mois plus tard, à Lecce, la fièvre reprit le F. Libeta ; il la reçut comme un présent de son cher maître, et alla le rejoindre au ciel l'année suivante, laissant le juvénat de Noie tout embaumé de ses vertus.

Santagata, Istoi'ia délia Provinc. di Napol., t. 4, p. 43. A. I. — T. II. — 24. 185

IbS MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE D ITALIE.

* Le dix-septième jour d'août de l'an 17o7, mourut à Mexico le P. Joseph-Marie Genovese, Sicilien, insigne par sa dévotion au saint Sacrement et à l'auguste Mère de Dieu. A peine entré dans la Compagnie, il parut, dit l'auteur de son éloge, « comme un vétéran dans la vertu ». Cette ferveur ne se refroidit pas au temps de ses études ; il réchauffait sans cesse au feu du divin amour. Telle était son assiduité à visiter Notre-Seigneur et à s'entretenir avec lui, qu'on l'avait surnommé le Scolastique du saint Sacrement. Plus tard, élevé au sacerdoce et missionnaire dans la Nouvelle- Espagne, toutes ses délices étaient d'offrir la sainte Victime ; il ne pouvait alors contenir les larmes qui s'échappaient en abondance de ses yeux, et on le voyait descendre de l'autel, les forces épuisées, et prêt à défaillir.

A cette dévotion, le P. Genovese joignait le plus tendi'e amour pour la très sainte Vierge. 11 se préparait à chacune de ses fêtes par un jeune rigoureux et d'autres pratiques de pénitence. A l'époque où il était à la tête du noviciat de Tepozotlan, près de Mexico, cette divine Mère se fit voir à un de ses novices, jeune homme d'une merveilleuse innocence, comme elle s'était montrée autrefois au P. Martin Guticrrez, couvrant de son manteau royal toute la petite communauté, et faisant des caresses plus tendres au saint directeur. Le P. Genovese propagea de toutes manières, par la parole et par la plume, le culte de son aimable protectrice. Il répandit surtout la dévotion à Notre-Dame de Guadalupc, si populaire au Mexique, et celle de Notre-Dame de Lumière, qu'il avait apportée de Sicile, et il l'étendit au loin, jusqu'au Guatemala et aux Philippines.

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