‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 95 sur 362 · XIX AOUT · texte numérisé non relu

XIX AOUT

Le dix-neuvième jour d'août moururent en Sicile, deux jeunes et infatigables missionnaires, le P. v^nge Pollicino, Recteur du collège naissant de Calatabellotta, l'an lbS8;et l'an 1622 au collège de Caltagirone le P. François Spatafora, fils aîné d'une famille princière de Messine.

Le P. Ange Pollicino était insatiable de travail; il ne pouvait consentir à s'accorder aucun relâche tant qu'il lui resterait un souffle de vie pour chercher et sauver de nouvelles âmes ; à ceux qui le pressaient de s'épargner un peu plus : « Pourquoi donc, mes frères, répondait-il, suis-je entré dans la Compagnie ? Gomment se reposer quand on se rappelle ce que c'est" que gagner une àme à Dieu » ?

Le P. François Spatafora, saintement jaloux de faire oublier tout ce qu'il avait été dans le monde, n'aspirait qu'à devenir le missionnaire des pauvres et des ignorants, dans les campagnes les plus abandonnées, où le nom et les honneurs de sa famille fussent inconnus. Et quand, presque au début de sa carrière apostolique, il se vit étendu sur son lit de mort, un noble seigneur, ami de son frère, ayant voulu se charger de pourvoir magnifiquement à tous ses besoins : « Qu'il m'est bien plus doux, répondit le a. I. — T. II. — 25. 193

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P. Spatafora, de mourir en pauvre parmi mes frères, quoique j'aie toujours vécu si indigne d'eux » !

P. Ange Pollicino, — P. Aguilera, Hîstor. Provinc. Sicul., t. \, p. 138. — Alberti, Istor. délia Provinc. di Sicil., p. 123. P. Franc. Spatafora, — Aguilera, Op. cit., t. 2.

Le dix-neuvième jour d'août de l'an 1630, mourut dans les hôpitaux de Milan le P. Jean-Pierre Rusca, victime de son héroïque dévouement au service des pestiférés. Il aimait avec une rare sincérité les humiliations, la fatigue, et tout ce qui pouvait l'aider à se vaincre ; il puisait surtout cette générosité dans la prière et le désir de plaire à la très sainte Vierge. Les supérieurs du collège de Milan, après avoir cédé d'abord à ses instances d'aller braver la mort au chevet des malades, s'étaient décidés à le rappeler et à l'éloigner du péril, pour conserver à la Compagnie un sujet si précieux ; mais les prières du P. Rusca triomphèrent de leur résolution ; et peu de jours après, il reçut avec joie la glorieuse couronne des martyrs de la charité.

Patrignani, Menai., J9 Agost., p. 164. — Alegambe, Heroes et Victim. charit., anno 1630, p. 313.

* Le dix-neuvième jour d'août de l'an 1614, mourut au collège de Bivona, sa patrie, le P. Barnabe La Vecchia, modèle accompli de toutes les vertus religieuses, mais surtout d'oubli de lui-même

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