XX AOUT
Le vingtième jour d'août de l'an 16b9, mourut saintement dans la maison professe de Palerme le P. César de Bosco, tour à tour supérieur des Provinces de Sicile et de Venise, et des maisons professes de Palerme et de Rome ; jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, il soutint la haute réputation qu'il s'était acquise, dès les débuts de son premier gouvernement, au collège de Trapani. 11 s'y montra er effet l'âme de toutes les œuvres de la Compagnie. Les études et la piété, la santé et la dilatation de cœur des religieux qui lui étaient confiés, l'éclat des fêtes sacrées et des solennités littéraires, en un mot tout ce qui pouvait communiquer aux âmes un plus vif élan pour le bien, provoquait sa paternelle sollicitude. 11 ouvrit même un cours spécial pour l'instruction du clergé de Trapani, et la salle destinée à cet usage fut dès les premières leçons trop étroite pour l'aflluence des prêtres qui s'y rendaient en foule de toute part. Mais son zèle et sa charité ne purent empêcher un indigne membre du sacerdoce d'attenter à sa vie ; ce malheureux le soupçonnait à tort de lui avoir fait manquer un riche bénéfice dont il se croyait assuré.
Ce fut toutefois quand la peste éclata, l'an i624, à Trapani, que cette ville connut pleinement quel ange de miséricorde et de sa-
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gesse elle possédait en la personne du P. de Bosco. Rien ne lui échappait de tout ce qui pouvait contribuer au salut des corps et des âmes. Sa prudence veillait également à ne fuir aucun péril dès que le service de Dieu le demandait, et à n'en braver aucun sans une évidente utilité. 11 avait réparti les offices de charité entre ses inférieurs ; les uns étaient chargés de distribuer des aumônes ou même de porter de la nourriture aux pauvres; d'autres étaient désignés pour assister les malades ; d'autres prêchaient en plein air ou célébraient le saint sacrifice, sur un autel élevé en dehors de notre église pour éviter toute agglomération contagieuse. Enfin, pour obtenir de Notre-Seigneur la délivrance de ce malheureux peuple, il alla plusieurs fois en procession avec toute sa communauté, parcourant les rues de la ville, pieds nus, la corde au cou, la tête couronnée d'épines. En récompense de tant de charité, le P. de Bosco obtint que pas un de nos Pères et Frères ne succombât victime de son dévouement ; « la divine Providence, selon la belle expression de saint François de Sales, conservant ceux qui avaient en elle une confiance si pure, qu'elle n'était mêlée ni de timidité, ni de témérité ».
Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, jj. 156, 693, 764 serjq. — SoMMERvoGEL, BibUot/i., I. \, f. 1828. — MoNGiTORE, BibUoth. , Sicul. , t. % Append., p. 11.