XXI AOUT
Le vingt-et-iinième jour d'août de l'an 1647, mourut au juvénat de Palerme 1g Frère Scolastique Jacques Paterno, âgé de dix-huit ans, dont il avait passé près de trois dans la Compagnie. La très sainte Vierge l'avait guéri, lorsqu'il était encore au berceau, à la suite d'un vœu fait par ses pieux parents ; dès lors aussi, elle l'attira à elle avec une puissance irrésistible. A peine âgé de deux mois, on le voyait s'épanouir toutes les fois qu'on prononçait en sa présence le nom de Marie. Lorsqu'il reçut pour la première fois le corps de Notre-Seigneur des mains du P. Louis La Nuza, celui-ci vit sur la tête du petit communiant une colombe éclatante
de blancheur. Emerveillé à ce spectacle, le vénérable serviteur de Dieu demanda quel était cet enfant, et subitement éclairé d'une lumière prophétique : « 0 bienheureux enfant, dit-il, que Notre- Seigneur prédestine à lui offrir dans la Compagnie le trésor intact de son innocence, et qui doit bientôt après s'envoler vers le chœur des anges » !
Jacques Paterno sembla d'abord donner un démenti aux paroles du célèbre missionnaire ; mais bientôt les vains projets qu'il avait en tête se dissipèrent, et à quinze ans, il fit à Dieu le sacrifice de toutes ses affections et de toutes ses espérances. Au novi- A. I. — T. II. — 26. 201
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ciat de Messine, il parut aussitôt comme un ange au milieu de ses frères, entièrement mort au monde et à lui-même. Pendant les neuf mois qu'il vécut après ses premiers vœux , au juvénat de Palerme, ses supérieurs et ses frères le citaient d'une voix unanime, comme la preuve vivante qu'un véritable enfant de saint Ignace, fidèle à toutes les prescriptions de sa règle, fait d'autant plus de progrès dans les études, qu'il a plus à cœur d'être un saint.
Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 493. — Stan. Alberti, Compendio délia Vita . . . del Ven. P. Luigi La Nuza . . .
* Le vingt-et-unième jour d'août de l'an 1675, mourut à Naples, sa patrie, le P, Jean-Baptiste Gasiglio, dont la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie - dit qu'il a bien mérité des Nôtres et principalement de la maison professe de Naples. Il passa la plus grande partie de sa vie dans les charges de supérieur et de compagnon du Père Provincial, et se signala toujours par sa prudence, sa douceur, son amour de la prière et de la vie commune, et surtout par une dévotion extraordinaire à la sainte Eucharistie. Il visitait plusieurs fois par jour Notre-Seigneur au saint tabernacle ; et dans ses dernières années, à peine laissait-il passer une heure sans aller lui présenter ses hommages. Pour l'honorer plus dignement, rien ne lui paraissait trop précieux ; il eniùchit l'église de la maison professe de divers ornements d'or et d'argent de grand prix, et décora avec magnificence chacun des onze autels sur les-