‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 101 sur 331 · XXV FEVRIER · texte numérisé non relu

XXV FEVRIER

Le vingt-cinquième jour de février de l'an 1678, mourut en odeur de sainteté, dans les montagnes de la Sicile, le P. Jiîan-François Galisano, humble et patient confesseur des habitants de Vezzini, durant au moins trente années. Sa famille était une des plus illustres de Gênes; mais pour éviter jusqu'à l'ombre des honneurs, et se priver de toute consolation humaine, il voulut se consacrer au service de Notre-Seigneur dans une Province étrangère, où l'on no découvrit que par hasard la noblesse de son origine, vers les derniers temps de sa vie ; lorsque deux nobles Génois, qui se rendaient à Malte et passaient par la Sicile, révélèrent, à son extrême regret, ce qu'il avait sacrifié pour Jésus-Christ. A cet amour de l'humiliation, le P. Jean Calisano joignait une admira])le pureté de cœur, et une délicatesse de conscience qui ne lui laissait rien négliger dans les moindres règles, parce que rien ne lui paraissait de peu d'importance dans le service de Dieu. Aussi se purifiait-il de plus en plus, tous les jours, par la vertu de l'absolution et par de douloureuses macérations. Ses infirmités auraient pu cependant lui tenir lieu de pénitences corporelles ; car il soull'rait jour et nuit le cruel mart3're de la pierre ; mais ce n'était pas assez pour ses désirs. Sa passion de la croix devait même éclater jusqu'à l'héroïs-

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me sous le gouvernement d'un supérieur, malheureusement peu charitable, qui mit pendant trois ans sa patience aux plus rudes épreuves, sans parvenir jamais à l'altérer.

Ces vertus dont le monde fait si peu d'estime, rendirent toutefois le P. Calisano bien grand aux yeux du Sauveur et de ses anges. Un jour, Jésus enfant daigna se montrer à lui dans la sainte hostie et le consoler par les plus ineffables témoignages de tendresse. Les douleurs de la pierre, qui ne lui laissaient aucune trêve, étaient suspendues chaque jour tout le temps qu'il passait au confessionnal. Aussitôt après sa sainte mort, bien des maladies du corps et de l'âme furent subitement guéries à l'approche de son cercueil ou de son tombeau. 11 était âgé de soixante-dix ans et en avait passé quarante-sept dans la Compagnie.

Patrignani, Menol., 1h febbr., p. 220.

Le vingt-cinquième jour de février mourut à Parme, en 1755, à l'âge de soixante-cinq ans et après quarante-quatre ans de vie religieuse, le F. Georges Giorgi, portier du collège de cette ville, et fervent imitateur de saint Alphonse Rodriguez dans tous les détails de son office, durant environ quarante ans. Un de nos Frères qui venait d'être chargé, avant lui, du même emploi au collège de Parme, avait eu le malheur de faire perdre à la Compagnie l'affection d'un grand nombre de personnes, par son impatience, ses brusqueries, son peu de modestie religieuse et de complaisance à se déranger. Le F. Giorgi tint une conduite tout op-

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posée. Aussi son respect et son inaltérable charité pour tous, mais en particulier pour les prêtres, lui gagnèrent-ils bientôt les cœurs. Sa foi lui adoucissait toutes les importunités et toutes les fatigues ; il se réjouissait de pouvoir dépenser sa vie, non pas au service du monde, mais au service des âmes et de Dieu. La prière, et surtout la sainte Eucharistie, furent jusqu'à la fin, pour le F. Giorgi, les sources principales de cette générosité à se vaincre. On croit même que Notre-Seigneur voulut l'encourager et le glorifier par un miracle ; car comme il priait un jour avec ferveur devant le saint Sacrement, la voûte de la chapelle où il était s'écroulant tout à coup, il se vit en un moment environné de décombres, mais sans en recevoir aucune atteinte ; et l'on s'aperçut, avec stupeur, que dans cette ruine générale, la seule partie placée au-dessus de sa tête n'avait pas été renversée.

BoERO, MenoL, 25 febbr., p. 454.

Le vingt-cinquième jour de février, à Fano, mourut en 1823, après cinq années seulement de vie religieuse, le P. Jean-Baptiste Speranzini, dont la mémoire est encore aujourd'hui, dans la Province Romaine, en odeur de bénédiction. Né près de Sinigaglia, trois après la destruction de l'ancienne Compagnie, il se consacra dès son enfance au service des autels, et donna de bonne heure d'admirables exemples de vertus. Par une générosité bien rare dans un enfant, il lui arriva dès lors de se laisser calomnier au-

près de ses supérieurs, sans dire un seul mot pour sa défense, afin de mieux ressembler à Jésus-Christ. Elevé au sacerdoce et à l'une des premières dignités dans la collégiale de Cantiano, il y fut pendant dix-sept ans le père des malheureux ; il se dépouillait de tout en leur faveur, surtout lorsqu'il s'agissait de mettre en sûreté la vertu de pauvres enfants ou de jeunes vierges sans ressources.

Mais les privations que lui imposait sa charité, étaient bien peu de chose auprès de ses douleurs volontaires. Les murs de la chambre où il se flagellait, aussi bien que les chaînes et les ciliées dont il enveloppait son corps, étaient marqués de son sang. Pour se mieux préparer aux fêtes de la sainte Vierge ou à quelque mystère des souffrances du Sauveur, il jeûnait rigoureusement la veille au pain et à l'eau. Tous les samedis jusqu'à sa mort, tant qu'il eut la force de faire quelques pas, il se rendait en pèlerinage, pieds nus, à un pieux sanctuaire de Notre-Dame, à près d'une demie-lieue de Fano \ enfin son amour pour la Passion et le Cœur adorable de son Seigneur, lui persuada de graver avec un fer rouge sur sa poitrine le très saint nom de Jésus. Quand sa blessure ne lui paraissait plus assez vive, il la renouvelait plus profondément. On assure qu'en récompense de sa sainte vie, ce fervent serviteur de Dieu jouissait habituellement de la présence et des conseils de son ange gardien. De nombreux miracles attestèrent sa gloire dans le ciel.

BoERo, Menol. , 25 febbr. , p. 4.56.

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