XXVIII FEVRIER
Le vingt-huitième jour de février de l'an 1729, mourut au collège de Fabriano dans la Province Romaine, à l'âge de quarante-deux ans, le P. Virgilio Formenti, appelé par quelques-uns le Louis de Gonzague du dix-huitième siècle, et dont le P. François Galluzzi, son confesseur, publia lui-même la sainte vie. Reçu à dix-sept ans parmi les novices de Rome, il s'engagea bientôt devant Dieu à ne laisser passer aucun jour, sans quelque rigoureuse mortification ou quelque victoire signalée sur la nature ; et pour être plus sûr de ne point manquer à sa promesse, il mettait chaque soir par écrit, avec le résultat de son examen particulier, le sacrifice qu'il avait offert dans la journée à Notre-Seigneur : précieux recueil que son humilité fit malheureusement disparaître avec le récit de tant de grâces insignes dont il avait été comblé. Dans l'espoir de verser un jour son sang parmi les infidèles, il voulait d'avance faire ce qu'il appelait son noviciat du martyre ; car ce n'est pas en un jour que nous pouvons, disait-il, nous trouver prêts à endurer les tourments et la mort pour Dieu. Aussi les accidents les plus imprévus ne lui causaient pas même de surprise. Réduit par ses infirmités à un épuisement plus insupportable que la mort, il avait écrit pour se consoler : « Persuade-toi bien que Notre-Seigneur te veut dans cet A. I. — T. I. — 34. 26S
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état misérable ; ne désire pas en sortir, mais aime à y demeurer tant qu'il lui plaira. Si tu te mets entre ses divines mains, ton cœur surabondera de joie, et rien ne pourra le troubler ».
Virgilio Formenti plaçait surtout la sainteté dans l'observation parfaite de ses vœux et de toutes ses règles. Il s'était fait un traité des plus belles vertus religieuses, avec les seules paroles du Sommaire des Constitutions, des Règles communes et de celles de son office. Gomme on lui représentait que sa ferveur épuisait rapidement ses forces et mettait sa vie en danger : « Ah ! répondaitil, ne pensez-vous donc pas qu'il vaut mieux partir pour le ciel, saint et jeune, que de mourir vieux et lâche sans avoir rien fait pour Dieu » !
BoERO, Menai., 28 febbr., p. 527. — Galluzzi, Vùa ciel P. Marco-Virgilio Formenti. . . , Roma., 1730, «'«-4°.
* Le vingt-huitième jour de février de l'an 1730, mourut dans la maison professe de Rome le P. Michel-Ange Tamburini, quatorzième Général de la Compagnie. Après avoir enseigné la philosophie et la théologie scolastique pendant douze ans, il dirigea successivement plusieurs collèges, fut théologien du cardinal Renaud d'Esté, Provincial de Venise, Secrétaire général de la Compagnie, Vicaire du P. Thyrse Gonzalez, et enfin, à la mort de celui-ci, élu pour lui succéder, par la quinzième Congrégation générale, à l'âge de cinquante-huit ans.