XXVIII FÉVRIER. P. MICHEL-ANGE TAMBURINI
A de rares qualités d'esprit, le P. Tamburini joignait une infatigable application à tous ses devoirs ; attentif à sa propre perfection et à celle de ses inférieurs, il procurait l'observation des règles, autant par la force de l'exemple que par celle de l'autorité. D'une grande douceur de caractère^ il savait être ferme quand il s'agissait de maintenir l'Institut dans son intégrité ; et si l'honneur de la Compagnie était en jeu, il se montrait d'une vigueur et d'une intrépidité incomparables. A l'occasion des débats sur les rites chinois, on nous avait accusés de résister aux ordres du Souverain Pontife. En 1711, les Pères Procureurs de toutes les Provinces étant réunis à Rome, le P. Tamburini leur fit signer une déclaration dans laquelle il protestait énergiquement contre cette calomnie; et avec l'agrément du Pape Clément XI, auquel il l'avait dédiée, il en fit répandre partout de nombreux exemplaires.
La multiplicité des affaires ne l'empêchait point de prolonger ses communications avec Dieu. Chaque matin, il consacrait environ trois heures à l'oraison ; et pendant la journée, il donnait encore à ce saint exercice les moments dont il pouvait disposer. 11 accueillait avec une bonté paternelle tous ceux qui venaient chercher quelque consolation auprès de lui ; la prudence et la sagesse de ses réponses l'avaient fait surnommer l'Ange du bon conseil. Il obtint la béatification de saint Jean-François Régis et la canonisation de saint Louis de Gonzague et de saint Stanislas Kostka. Les missions et les exercices spirituels eurent en lui un zélé propagateur. Son généralat est l'époque du plein épanouissement des réductions du Paraguay ; en une seule année, soixante-dix-sept nouveaux ouvriers allèrent se joindre aux apôtres de ces contrées ; c'est le temps aussi où saint François de Geronimo, le bienheu-
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reux Antoine Baldinucci , en Italie ; et le Vénérable Emmanuel Padial en Espagne, travaillaient avec des fruits extraordinaires au salut des âmes ; et où trois Jésuites, après avoir épuisé tous les efforts pour se dérober aux honneurs de la pourpre, entouraient à la fois le trône pontifical, les cardinaux Tolomei, Gienfuegos et Salerno.
Le P. Tamburini avait hérité de la charité de notre Bienheureux Père. Aucun des Nôtres ne tombait malade à Rome, qu'il n'allât le voir et le consoler, et ne le recommandât avec instances à la sollicitude des supérieurs. Les épreuves ne lui firent pas défaut dans le cours de sa longue administration de vingt-quatre ans : on admira la patience et le courage avec lesquels il sut les supporter. Enfin épuisé par les travaux, il s'endormit pieusement dans le Seigneur, à l'âge de quatre-vingt-deux ans, dont il avait passé soixante-cinq dans la Compagnie.
BoERO, Menol., 28 febb., p. 537. — Guidée, Ménol. traduit du Ménol. Rom., p. 75. — DE Backer, Biblioth. , 1" édit. , t. 6, p. 702. — Cré- TiNEAU-JoLY, Histoire de la Compagnie, t. k, p. 365 ; t. 5, p. 52, 260.