‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 108 sur 331 · H MARS · texte numérisé non relu

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Le deuxième jour de mars de l'an 1590, mourut à Napies, à l'âge de trente-neuf ans, le P. Augustin Giustiniani, professeur et Recteur du Collège Romain, où il avait eu l'année précédente saint Louis de Gonzague parmi ses élèves de théologie. Paul Giustiniani, son père, gouvernait en qualité de doge la république de Gênes. Mais le jeune Augustin voulant fuir les honneurs, même ceux de l'Église, alla prendre au noviciat de Rome, vers la fin de 1568, la place de Stanislas Kostka. Il avait dix-sept ans. Professeur de philosophie cinq ans après, il soutint avec éclat la haute renommée de nos premiers Pères, d'abord dans les chaires de Milan, puis dans celles de Padoue et de Rome, il n'y perdit jamais rien de son humilité, ni de sa tendre et affectueuse piété. La lecture des grands docteurs de l'Eglise ne nourrissait pas moins son cœur que son intelligence. Saint Augustin en particulier, dont il possédait à fond toutes les œuvres, et dont il avait déjà rédigé une théologie presque complète, semblait, disait-on, revivre en sa personne. Mais de si rudes travaux eurent bientôt épuisé les forces du

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P. Giustiniani, et il expira presque au début de cette nouvelle carrière, laissant une égale réputation de science et de sainteté.

Sacchinus, Histor. Societ. Jes., part. 5, lib. 10, n. 70, p. 511. — Na- DASi, Annus dier. mentor., 2» mart., p. 118. — Drews, Fasti Societ. Jes., 2» mart., p. 82. — Sotuellus, Bibliolh. Scriplor., p. 95. — Sommkrvogel, Biblioth. de la Compagnie. .. t. 3, p. 1489.

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Le troisième jour de mars de l'an 1652, mourut glorieusement au Mexique le P. Jacques-Antoine Basile, né à Bari, et massacré en haine de la foi par les sauvages. Il était parti pour le Nouveau- Monde à l'âge de trente-et-un ans, avec soixante-et-un autres missionnaires de la Compagnie. Dès son départ, il écrivait à ses frères de Naples, en leur témoignant toute sa joie d'aller se sacrifier sans réserve pour Jésus-Christ et pour les âmes : « Oh ! si les fleurs et les germes ont tant de douceur, que sera-ce donc des fruits et de la moisson » ! En effet, plus il avait à souffrir, plus il tressaillait d'allégresse. Lorsque deux ans avant sa mort, il reçut l'ordre d'aller prendre la place que le P. Corneille Beudin venait d'arroser de son sang : « Je ne sais, écrivait-il encore, quel nouveau bonheur m'est promis au plus intime de mon âme ; mais je ne suis plus maître de mes transports ».

Le P. Basile eût pu sans peine échapper à la mort, quand éclata la révolte des Tarahumares, encore infidèles ou apostats, contre la petite garnison Espagnole de Papigochi. Il se trouvait alors dans une chrétienté voisine, et l'amour de ses néophytes n'épargna rien pour le retenir : « Tu es notre père, lui disaient-ils en pleurant, et nous t'emporterons, s'il le faut, sur nos épaules pour

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te mettre en sûreté ». Mais l'homme de Dieu leur répondit que les P]spagnols, voués à une mort prochaine, étaient aussi ses enfants, et qu'il devait les préparer à paraître devant Dieu. Puis, pénétrant vers le soir du deux mars, dans la réduction assiégée, il passa une grande partie de la nuit à entendre les confessions, et se retira ensuite dans sa pauvre église, priant au pied de l'autel jusqu'à ce que l'heure de son sacrifice fût venue. Dès qu'il entendit les premires cris d'attaque des barbares, il se leva pour marcher à leur rencontre ; à peine le virent-ils paraître qu'ils l'accablèrent d'une grêle de flèches, et le laissèrent baigné dans son sang, pour courir au pillage et à l'incendie. Le saint martyr respirait encore, et ses douleurs se prolongèrent ainsi jusqu'au jour. Ses bourreaux le retrouvant alors en vie se firent un jeu de lui briser les membres à coups de massue, et de le traîner jusqu'au cimetière où ils le pendirent à un des bras de la croix. Beaucoup d'entr'eux, et en particulier trois de leurs caciques, déposèrent dans la suite, qu'au moment où leur victime rendait le dernier soupir, ils avaient Yu son âme monter au ciel, sous la figure d'un petit enfant d'une grâce et d'une beauté toute céleste porté par deux anges. Ce témoignage de la sainteté du P. Basile fut solennellement consigné dans le procès préparé pour sa béatification.

Patrign.vni, MenoL, 10 innrzo, p. 71. — Oviedo. Menologio,'Z marzo, p. 63. — Alegre, Hisloria S. J. en Nueva-Espaha, t. 2, liv. 8, p. S92 et suiv. — Andr\dk, Varones (lustres, t. 6, p. 135 et suiv. — Alegambe, Mortes illustres. . ., ami. 1652, p. 698 seqq. — Nad\.si, Annus dier. memorab.. \^ mnrtii. />. 117. — Drew.s, Fnsti Soc. Jes.. 1* mart., p. 80.

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