‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 115 sur 331 · VI MARS · texte numérisé non relu

VI MARS

Le sixième jour de mars de l'an 1557, mourut à Pérouse le P. André Galvanelli, d'abord choisi par saint Ignace pour établir et gouverner la Compagnie à Venise et à Bologne, puis envoyé au nom du Souverain Pontife dans la Valteline, menacée doublement dans sa foi, par ses dissensions intestines et par les attaques extérieures de l'hérésie. La réputation de douceur et d'esprit de Dieu que lui avaient acquise en peu de temps ses premiers travaux apostoliques, attirait partout les populations à sa rencontre. Un magistrat calviniste d'une des principales vallées des Alpes lui interdit d'abord tout ministère ; mais au bout de quelques jours, la modestie et la patience du P. Galvanelli lui touclièrent tellement le cœur, qu'il révoqua de lui-même toutes ses défenses, et pria l'humble religieux d'accomplir en pleine liberté l'œuvre de Jésus- Christ. Recteur du collège de Pérouse durant les dernières années de sa vie, on lui rendait les mêmes hommages qu'aux plus insignes serviteurs de Dieu. Toutes les confréries, communautés de la ville le priaient de venir leur apprendre à aimer et à servir Notre- Seigneur. La nouvelle de sa mort prochaine se répandit dans les différents quartiers de Pérouse avec la rapidité de l'éclair, et fut accueillie avec douleur comme une calamité publique. C'était

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un touchant spectacle, écrivirent les témoins de ces scènes de deuil, de voir durant les journées entières, une foule nombreuse se presser aux portes du collège, s'informant avec anxiété de l'état de l'homme de Dieu, lui apportant tout ce qu'on croyait pouvoir le soulager ou le guérir, et pleurant à chaudes larmes quand toute espérance fut perdue.

OuLANDiNus, Histor. Societ. Jes., part. 1*, lib. 12, n. 19, p. 387. — Sa-CCHinus, Hist. Soc, part. 2", Ub. 2, n. 69, p. 52. — Nadasi, Ann. dier. memor., 6» mart., p. 126. — Drkws, Fasti Soc. Jes., 6» mart., p. 88.

* Le sixième jour de mars de l'an 1761, mourut à Palerme le P. Benoit Plazza, dont la longue vie ne connut jamais de défaillance dans l'accomplissement de tous les devoirs de sa vocation. Également versé dans les sciences divines et humaines, il occupa avec honneur les chaires les plus illustres de sa Province, remplit les fonctions de censeur et de consulteur de l'Inquisition en Sicile, et quatorze années de suite, celles de Préfet général des classes au grand collège de Palerme. Les plus savants personnages faisaient appel à ses lumières et accueillaient ses décisions comme des oracles. En même temps, avec une ardeur au travail qui ne devait s'éteindre qu'avec sa vie, il composait des ouvrages où la piété, l'érudition et la solidité de doctrine brillent partout du même éclat. On signale en particulier ceux qu'il écrivit sur l'Immaculée Conception de la sainte Vierge, et sur la dévotion aux saints, aux images et aux reliques. Appuyé sur la théologie et sur les mo-

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numents de l'antiquité chrétienne, il y réfute les interprétations étroites et entachées de jansénisme de certains auteurs, et spécialement du célèbre Muratori, qui dans le désir de ramener, pensait-il, la piété à de plus justes limites et de l'affranchir d'exagérations fâcheuses, avait critiqué et blâmé les pratiques les plus touchantes et les mieux fondées, comme le vœu de défendre jusqu'à l'effusion du sang le privilège de la conception immaculée de Marie, Mère de Dieu. Le P. Plazza, toujours infatigable, tenait encore la plume à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, lorsque Dieu le rappela îi lui, avant qu'il eut mis la dernière main à son livre du Paradis.

Summar. vitœ (Archiv. Rom.). — de Backeiî, Biblioth., l'" édit., t. 2, p. 496. — Feller, Dictionn.. histor., t. 5, p. 78.

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