VII MARS
Le septième jour de mars de l'an 1620, mourut en exil à Macao, douze ans après son entrée en Chine, le P. Sabaïino de Ursis, compagnon et premier successeur du P. Mathieu Ricci. Il n'était à Pékin que depuis un an, lorsque le grand missionnaire sur son lit de mort lui confia la charge de supérieur. C'est que nul autre, disent les historiens, ne lui paraissait plus humble, plus mort à lui-même, plus dépendant de Dieu en toute chose, plus propre enfin, à réaliser ce qu'il demandait surtout à tout supérieur des missions de la Compagnie, « qu'il lût comme le père et la mère de ses inférieurs, et leur fit trouver aux extrémités du monde, non pas autant d'amis, mais autant d'amour, que dans les plus grandes maisons de la Compagnie ».
Le P. de Ursis était en même temps très versé dans toutes les sciences qui peuvent gagner l'estime et le cœur des Chinois. Ses belles machines hydrauliques attiraient en foule les lettrés, les grands mandarins de l'empire, et les eunuques du palais. Il en profitait pour leur parler de Jésus-Christ, et leur en faire vénérer l'image. Mais il fallait toute l'énergie de son âme pour suffire à de pareils travaux ; car durant des années entières la fièvre ne cessa de le consumer. Les persécutions ne lui manquèrent pas non plus ; elles