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finirent même par Tenvoyer mourir en exil. Mais partout, et jusque sur son lit de douleur qu'il ne pouvait plus quitter 'dans les derniers mois de sa vie, cet homme véritablement apostolique ne cessa de travailler au salut des âmes. Presque à la veille de sa mort, le P. de Ursis enseignait encore la philosophie à quelques scolastiques du collège de Macao, et les éléments de la langue chinoise à quatre futurs missionnaires, ainsi qu'à plusieurs enfants, qu'il espérait voir du haut du ciel se consacrer un jour à l'apostolat. Il était âgé de quarante-cinq ans, et en avait passé vingt-trois dans la Compagnie.
Patrignani, Menologio , 1 marzo. p. 51. — Gordara, Histor. Soc. Jes., part. 6», lib. % n. 190, p. 131; n. 202, p. 133; lib. 5, n. 191, p. 276., — Bautoli, La Cina, lib. 2. p. 507 ; lib. 3, p. 545, 720. — Sotuellus, Biblioth., p. 731. — de Backer, Biblioth., 1'^ iklit., t. G, p. 736. — San- TAGATA, Istor. dclla Provinc. di Napoli, l. 4, p. ïll et suiv. — Puster., Miss, de Chine, Notices biogr. el bibliogr., n. 26.
Le septième jour de mars de l'an 1625 mourut saintement à Messine dans la quarante-septième année de son âge et la vingt-neuvième depuis son entrée dans la Compagnie, le P. François ToRRiiisio, modèle insigne d'abnégation et de mépris de lui-môme. Il faisait ses délices des humiliations publiques, et suppliait fréquemment ses supérieurs de ne pas les lui épargner. Plus d'une fois il ol)tint de passer les deux mois entiers de ses vacances au service
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du cuisinier, ou bien encore de prendre les vêtements et de partager les travaux des portefaix et des manœuvres. Recteur de Trapani et de Messine, il se réservait, les jours de congé, le soin de balayer l'atrium, les corridors, et toutes les classes du collège. Chaque année, durant les désordres du carnaval, il se retirait seul à la maison de campagne, ne vivant guère alors que d'un peu de pain, mendié de porte en porte chez les paysans du voisinage, et passait tout le jour à prier ou à se flageller, en réparation des injures faites à la majesté de Dieu. Sa vie entière n'était du reste qu'un exercice continuel de pénitence ; il ne quittait le ciliée ni jour ni nuit. L'obéissance seule avait pu lui faire accepter le gouvernement de ses frères. « Car un supérieur de la Compagnie, disait-il, doit être à chaque moment un homme de sollicitude et de saints exemples. 11 est l'ange gardien de tous ses inférieurs, et rendra compte à Dieu de leurs vertus, de leurs travaux, de leur santé, de leur honneur, de leurs peines les plus secrètes et de la consolation de leurs âmes ».
Instruit plusieurs mois d'avance par Notre-Seigneur de son prochain départ pour le ciel, il demanda de nouveau, mais en vain, la grâce de ne plus s'occuper, durant ce peu de temps, que de sa propre perfection. Il s'en dédommagea du moins par un jeûne d'une rigueur extrême tous les jours de son dernier avent ; et à ceujj qui le priaient de se modérer : « Laissez-moi faire, répondait-il ; c'est ma préparation à paraître devant Dieu y> . Dans les premiers jours de mars , en effet , une terrible chute de cheval lui brisa la jambe et le réduisit bientôt à l'extrémité. On l'entendit alors entonner le Te Dei/m , et consoler ses frères par cette belle parole: « Dieu accomplit ainsi l'ordre de ma prédestination ». Ses
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douleurs étaient si vives que, de son propre aveu, elles lui auraient Il toute heure arraché des cris déchirants, si L'espérance de voir bientôt son Seigneur face à face ne les lui eût adoucies ; néanmoins il les supporta jusqu'à la fin, le sourire sur les lèvres, oubliant même souvent son martyre pour s'occuper encore du salut des âmes, et répétant à tous ceux qui le visitaient : « Ne négligez rien pour vous rendre la bienheureuse Mère de Dieu favorable, si vous voulez être des saints » !
Aguileha^ Historia Provinc. SicuL, t. 2, jj. 195. — Nadasi, Annus dier. memorab., 7a niart.^ p. 128. — Drews, Fasti Societ., 7" mari., p. 89.
Le septième jour de mars de l'an 1646, mourut à Modica le P. Fabius Giustiniani qui avait dépensé la plus grande partie de sa vie religieuse et apostolique dans l'île de Ghio, sa patrie, et dans les autres îles grecques de l'Archipel. Sa dureté envers lui-même et sa charité sans bornes pour toutes les misères du prochain le faisaient regarder, par ces pauvres insulaires, comme une vive image du Sauveur des hommes. Partout il passait en faisant le bien ; quelle que fût la détresse des maisons dont le gouvernement lui était confié, il défendait très expressément au portier de renvoyer jamais sans aumône un seul indigent. En mémoire des plaies de Jésus, il n'était aucun genre de douleur qu'il ne fît souffrir à son corps ; lors de sa dernière maladie, on le trouva revêtu d'une sorte de cuirasse de fer, qu'il n'avait pas quittée une minute depuis des années, et dont les pointes s'étaient si profondément enfoncées.
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soit dans ses reins, soit dans sa poitrine, qu'il fallut des tenailles pour les arracher, Le P. Giustiniani célébrait chaque année, avec une dévotion très particulière, la fête de saint Thomas d'Aquin. Notre-Seig-neur lui fit savoir qu'en récompense, il quitterait la terre le même jour et h la même heure que le docteur angélique. Il en fit l'aveu à un de ses frères, la veille de sa mort ; et de nombreux miracles ne tardèrent pas à prouver la puissance de son intercession auprès de Dieu. II était âgé de cinquante-deux ans, et en avait passé trente-deux dans la Compagnie.
Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. % p. 468. — N\dasi, Ann. dier. memorab., 13» mart., p. 138. — Drews. Fasti Soc, 13* mart., p. 98.
* Le septième jour de mars de l'an 1604, mourut à Trapani, le P. Pierre Reggio, le premier des trois frères que la noble famille des Regg-io, de Païenne, doniui de grand cœur h la Compagnie. Après son noviciat, notre Bienheuieux Père l'appela à Rome pour y suivre la carrière des études au Collège Romain récemment fondé. Quand il revint en Sicile à l'âge de vingt-six ans, il était prêt à tous les ministères. Chargé d'annoncer la parole de Dieu, il parut, malgré sa jeunesse, au niveau des orateurs les plus renommés. Aussi le P. Lainez ne tarda pas à lui assigner un plus vaste théâtre. La Compagnie soutenait alors une lutte acharnée contre les hérétiques d'Allemagne et de France ; le 1*. Reggio fut associé h la troupe vaillante qui dans ces pays défendait les droits de Dieu et de la sainte Eglise. Pendant plus de trente années de missions, à