VII MARS. — V. PIERRE REGGIO
peine interrompues par une courte régence de philosophie au collège de Messine, il ne cessa de parcourir ces contrées, battant en brèche la doctrine des novateurs, fortifiant la foi des catholiques et ramenant au bercail de Jésus-Christ un grand nombre d'égarés.
Pendant qu'il prêchait aux populations de la Valteline, les hérétiques de cette province furieux des défaites qu'il leur infligeait, inventèrent contre lui et contre son compagnon, le P. Jean Léon, la plus odieuse des calomnies, semblable à celle que les Ariens avaient autrefois ourdie contre le saint docteur Athanase. Mais l'iniquité se mentit à elle-même ; l'innocence des missionnaires fut solennellement reconnue, et une multitude d'âmes qui s'étaient laissées séduire abjurèrent l'erreur et rentrèrent dans le giron de l'Eglise.
Le P. Reggio passa les dernières années de sa vie au collège de Trapani. Toujours ennemi du repos, il continua de se dépenser au service des Ames, avec une ardeur que la pensée de sa fin désormais prochaine ne faisait qu'enflammer. Une seule chose lui causait quelque regret; c'était de mourir dans son lit, au lieu d'avoir signé sa foi de son sang, comme un fidèle témoin de Jésus- Christ, au milieu des hérétiques. Il était âgé de soixante-huit ans, et en avait passé cinquante-trois dans la Compagnie.
Litter. ann. Soc, ann. 1604, p. 20. — Aguileha, Histor. Provinc. Sicul. , /. 1, /?. 460 seqq.