XV MARS
Le quinzième jour de mars de l'an 1634, mourut à Rome dans une heureuse et sainte vieillesse le P. Bernardin Gastorio, âgé de quatre-vingt-dix ans, dont il avait passé près de soixante-quinze dans la Compagnie. La France et l'Allemagne ne doivent pas moins de reconnaissance que l'Italie à la mémoire de ce grand homme. Ni la prison, ni l'exil, ni les outrages, ni les dangers de la peste, ni la fureur des hérétiques ne l'intimidèrent jamais, quand il s'agissait du salut des âmes et de la gloire de Dieu. Premier Recteur du collège de Bourges, puis appelé bientôt à gouverner la maison professe de Paris, le collège de la Trinité à Lyon, la Province de Lyon, et la maison professe de Venise, il était dans cette dernière ville en 1606, lorsque son obéissance à loute épreuve aux ordres du Vicaire de Jésus-Christ, le fit chasser a\ec tous ses inférieurs des terres de la République. Le P. Claude Aquaviva le rappela alors près de lui pour le mettre à la tête du Collège Germanique. Il se dépensa si généreusement jusqu'à la plus extrême vieillesse à la formation des futurs apôtres du Nord, qu'on lui donna le beau titre de père des églises d'Allemagne, et d'un des plus infatigables défenseurs et propagateurs de la foi.
ASSISTANCE D ITALIE
Patrignani. MenoL. 15 marzo, p. 112. — Sacchinus, His(or. Soc. Jes., part. 4 , lib. 8, n. 190, p. 279. — Sotuellus, Biblioth., p. 114. — Som- MERvoGEL, BibUoth. , l. % p. 854. — NA.DASI, Atiii. dier. memorab., 15» mart., p. 143.
Le quinzième jour de mars de l'an 1644, mourut à Palerme le P. Vincent Marotta, dans la soixante-dixième année de son âge. C'était un religieux d'une grande mortification, très ami du recueillement et du silence, et si adonné à l'oraison qu'il y consacrait chaque nuit de longues heures dérobées à son sommeil. Pour ne pas prolonger son repos au delà du terme qu'il s'était fixé avec l'approbation des supérieurs, il le prenait d'ordinaire sur une simple planche, revêtu d'un rude cilice. Dieu récompensait sa générosité, et inondait son Ame de lumières et de consolations. Animé d'une dévotion très tendre envers son illustre compatriote, le Vénérable P. Bernard Colnago, il fit recueillir ses restes et les renferma, en présence de témoins, dans un tombeau magnifique ; en même temps, il n'épargnait ni peine ni démarches pour faire décerner un jour au serviteur de Dieu les honneurs du culte public. Le P. Marotta avait passé la plus grande partie de sa vie au collège de (^atane, sa ville natale, estimé de tous et vénéré comme un saint. Prévoyant que sa fin n'était plus éloignée, il demanda comme une grâce d'être envoyé dans une maison de la Province où il serait inconnu, afin d'échapper aux démonstrations qui pourraient éclater à ses funérailles. Mais il suffit à Palerme de le connaître quelques mois, pour l'apprécier. Dès qu'il eut rendu le dernier soupir, les hommages qu'il avait voulu fuir furent rendus