XVI MARS. — F. JEAN TIBALDO
Reçu dans la Compagnie à l'âge de trente-cinq ans, Jean Tibaldo se donna tout à Dieu, bien résolu de devenir un saint. Devant le feu de la cuisine, la pensée du feu de l'enfer qu'il avait mérité redoublait ses larmes : « Et voilà qu'en échange, disait-il, Dieu a daigné m'admettre dans sa maison, et me faire donner le nom de frère par ses saints » ! Bientôt son supérieur crut devoir lui ordonner de ne plus penser à ses péchés, mais uniquement à l'amour de Notre-Seigneur. 11 obéit ; et presque en même temps commença pour ce saint pénitent comme une perpétuelle série de grâces insignes. Souvent le Sauveur lui apparaissait, tantôt le regardant avec amour pendant son travail, tantôt lui indiquant les plus sûrs moyens d'accomplir parfaitement sa volonté en toute cho^ se, surtout par l'obéissance. « Mon fils, lui dit-il un jour, chaque fois que tu es en doute sur quelque chose, va le dire à ton supérieur, et fais ce qu'il te dira ». Une autre fois que le bon Frère était violemment tenté contre sa persévérance dans la Compagnie, et ne résistait qu'à grand' peine aux attaques du démon. « 0 bon Jésus, s'écria-t-il en pleurant, ne m'abandonnez pas ». El Notre-Seigneur lui dit alors : « Crois fermement que je suis ton Sauveur ; mais en même temps reconnais ta misère et la faiblesse qui ne peut rien sans moi ».
Les larmes de contrition et d'amour du F. Tibaldo lui avaient presque entièrement fait perdre la vue. 11 offrait volontiers ce sacrifice à son Seigneur. Une seule crainte l'attristait, celle de devenir inutile et à charge à la Compagnie. Il se trouvait alors au collège de Recanati ; il demanda d'aller en pèlerinage exposer simplement sa peine à Notre-Dame de Lorette. Au moment où il sortit de la sainte chapelle, ses yeux se trouvèrent parfaitement guéris. Le F. Ti-
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baldo mourut à l'âge de soixante-deux ans ; il en avait passé vingtsept dans la Compagnie.
Patrignani, Menol., 16 niarzo, p. 113. — Cordara, Histor. Soc, part. 6a, lib. 11, p. 2. — Nadasi, Annus dier. mentor.. 16» mari., p. 144 seqq. — Drews, Fasti Soc. Jes. , 16» mart., p. 102.
Le seizième jour de mars, l'an 1648, mourut à Lecce le F. Coadjuteur François Paglia. Il avait passé toute sa jeunesse dans les rudes travaux de la campagne ; il était si charitable, qu'à la réserve de ce qui lui était indispensable pour vivre comme un pauvre, il distribuait chaque semaine aux indigents tout ce qu'il avait pu gagner. On assure que pendant plus de trente ans de vie religieuse, il ne manqua jamais à la modestie des yeux. Lorsque l'usage de la barrette fut interdit aux Frères Goadjuteurs, on vit le F. Paglia, bien différent de plusieurs autres qui remplissaient la maison de leurs murmures ou perdaient même leur vocation, aller déposer la sienne aux pieds de la sainte Vierge, comme un hommage de .son obéissance et de son humilité.
Nadasi, Ann. dier. memorab., 16» mart., p. 146,