XVII MARS
Le dix-septième jour de mars de l'an 1584, mourut dans la maison professe de Rome le P. Jean Ricasoli, d'une des premières familles de Florence, célèbre dans les annales de la Compagnie par les terribles assauts qui furent livrés à sa vocation, mais dont son amour pour Notre-Seigneur le fit sortir victorieux. Il n'était âgé que de quinze ans, et nos premiers Pères envoyés par saint Ignace à Florence refusaient de le recevoir, s'il n'obtenait auparavant le consentement de sa mère. Jean Ricasoli s'aperçut bientôt qu'il fallait désespérer de vaincre la tendresse maternelle. Ne prenant alors conseil que de sa ferveur, cet enfant délicat, dont les plus longues courses n'avaient été que ses promenades, s'enfuit à Rome, seul, sans aucune ressource humaine, pour réclamer du Souverain Pontife Jules III la liberté de quitter sa mère, et de ne plus vivre qu'à Jésus-Christ. Le Pape venait précisément, pour l'examen d'autres causes semblables, de nommer une commission de cardinaux. Le jeune Ricasoli parut devant eux, et répondit à toutes leurs difficultés avec tant de candeur, d'énergie et de foi, qu'au dire du P. Orlandini, ces princes de l'Eglise croyaient voir sur son visage les traits d'un ange, et se déclarèrent vaincus par la sagesse divine qui parlait en lui. La grande duchesse de Toscane, voulut in-
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tervenir à son tour ; mais tous ses efforts furent pareillement inutiles, et ravie d'admiration, elle ne put s'empêcher de louer la constance héroïque et le bonheur de ce nouvel enfant de Dieu.
Patrignam, Menol. , \.l marzo, p. Ii9. — Orlandinus, Histor. Soc, lib. 14, n. 13, p. 451. — Sacchinus, Histor. Soc. Jes. , part. 5», lib. 1, n. 56, /?. H.
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