XX MARS. — P. ANTOINE BRIGNOLE
quelque temps après de ce qui s'était passé dans son Ame à cette occasion, l'humble novice témoigna une grande joie d'avoir été repris si sincèrement de ses fautes. « Ma seule peine, disait-il, a été de craindre que la Compagnie de Jésus ne me trouvât bon à rien ».
Plus tard, comme il prêchait à Rome, un cardinal se montra mécontent de quelques-unes de ses expressions ; le P. Brignole n'hésita i)as à eh faire publiquement amende honorable du haut de la chaire; il voulait même, si l'obéissance le lui eût permis, se rendre au palais de ce prince de l'Kglise pour lui demander pardon. Enlin sur son lit de mort, après dix années de vie religieuse, se voyant environné de ses enfants et des plus nobles seigneurs de Gênes, qui venaient lui demander ses conseils : « Je meurs dans une grande joie, leur dit-il, de la grâce que Dieu me fait de rendre le dernier soupir dans la Compagnie de Jésus ; mon seul regret on ce moment, est de n'y être pas entré plus tôt. Si vous désirez une douce mort, efforcez-vous de vivre, dès à présent, dans l'état où vous voudriez alors avoir vécu » !
ViscoNTE, Alcunc mcmoric délie virttt ciel P. Anton. Giulio Brignole S. J. , Milano, 1()G6. — Patrignxm, Menolog., 20 marzo, p. 140. — Nai)ASi, Annus (lier, memor., 20 niart., p. 156. — Drews, Fasti Soc, 20* niart., p. 108. — Sotuellus, Bibliot/i., p. 7.5. — Sommervogel, Bibliothèr/ue, I. 2, p. IGG. — Cassani, Varoiies ilustrcs, t. 3, p. 340-386.
346 ' MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
* Le vingtième jour de mars de l'an 1736, le F. François Greco, Coadjuteur temporel, mourut au noviciat de la Province de Naples, en grande réputation de sainteté. Cependant sa carrière fut courte et n'offre rien d'extraordinaire. Mais on y trouve ce qui sanctifia les Berchmans et tant d'autres enfants de la Compagnie, une constante application à ses devoirs et une généreuse correspondance aux inspirations du Saint-Esprit. Profondément pénétré de l'excellence et de la nécessité de la prière, il y consacrait tous les moments dont il pouvait disposer, et il en assurait le succès par la modestie, l'habitude du recueillement et une sévère mortification de ses sens. Après sa mort, on trouva écrites de sa main plusieurs maximes et règles de conduite, dont sa vie, au jugement de ses frères, n'avait été que le fidèle écho : « Si tu désires que Dieu te pardonne, ne te pardonne rien à toi-même... Veux-tu savoir si tu aimes Dieu ? garde ses commandements ; observe tes règles ; vois si tu es devenu meilleur . . . Fais état d'accomplir ce que Dieu t'ordonne, et de la manière dont il l'ordonne . . . » ,
Aussi le F. Greco remit-il plein de confiance son âme entre les mains de son Seigneur. Il n'était âgé que de vingt-neuf ans.
Litter. ann. Provinc. Neapolit. ( Archiv. Rom.).
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