‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 153 sur 331 · XXVII MARS · texte numérisé non relu

XXVII MARS

Le vingt-septième jour de mars de l'an 1649, mourut à Palerme le P. Antoine Blandi, né dans la petite ville de Mazarino, en lb84, au moment où passait devant la maison de sa mère la procession du saint Sacrement. La pensée de cette première bénédiction qu'il avait reçue en venant au monde, lui fut souvent rappelée durant son enfance, et l'embrasa de bonne heure du plus tendre amour pour le Sauveur, auquel il garda fidèlement son innocence jusqu'à la mort. Bientôt la grâce lui inspira le désir de se donner tout à Dieu, et de lui gagner des âmes ; mais ses études avaient été presque nulles. Aussi deux fois, en dépit de ses instances, l'entrée du noviciat lui fut-elle refusée. Enfin sur de nouvelles et plus vives supplications, on consentit à le recevoir, à titre d'indiiférent seulement. 11 passa donc en grande partie les deux années de son noviciat dans les travaux de la cuisine ; il y contracta des douleurs de tète excessives qui le mettaient souvent dans une sorte d'impuissance, et ne devaient finir qu'avec sa vie.

Avant de décider cependant à quel degré de la Compagnie il appartiendrait définitivement, ses supérieurs le remirent aux éléments de la langue latine ; mais il semblait incapable de toute étude ; à peine entendait-il quelques mots des leçons de son maître. Il

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était comme un corps sans âme, et ne retenait absolument rien. Brisé par une si terrible épreuve, Antoine Blandi alla se prosterner devant une image de la miséricordieuse Mère de Dieu ; et déposant ses livres aux pieds de Marie , il la supplia en pleurant ou de lui ouvrir l'intelligence, ou de le faire appliquer par l'obéissance aux emplois des Frères Coadjuteurs. Aussitôt il reçut très distinctement l'ordre de reprendre ses livres, et de s'abandonner sans réserve à tout ce qui lui serait commandé par les supérieurs, avec l'assurance qu'il comprendrait désormais tout ce qu'il aurait à étudier. Il se remit donc au travail, et la promesse du ciel se vérifia pleinement en lui, sans que toutefois ses douleurs de tète fussent en rien diminuées ; car c'était la volonté de Dieu qu'il les endurât jusqu'à la mort pour sa sanctification.

Au collège de Palerme, où il eut pour condisciples les deux admirables serviteurs de Dieu François Sparacino et Louis La Nuza, on attribuait à son exemple et à son initiative l'élan de cette nombreuse communauté de jeunes religieux, à laquelle nul ne se rappelait avoir rien vu de comparable. Chargé bientôt après, malgré sa jeunesse, des délicates fonctions de Ministre dans cette grande maison, il se regarda dès le premier jour comme responsable, aux yeux de Dieu et de saint Ignace, non seulement de l'observation des règles, mais aussi de la satisfaction légitime, de la sainte joie et de la santé des enfants de la Compagnie qui lui étaient confiés. Tels furent les fruits de cette conduite, que le P. Mutins Vitelleschi ordonna de lui confier la formation des novices ; et l'on peut dire que ce fut par excellence l'œuvre de toute sa vie. Deux maximes surtout revenaient sans cesse dans ses conférences . La première était de n'avoir rien de caché pour celui qui serait char-

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