‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 154 sur 331 · XXVII MARS. — P. ANTOINE BLANDI · texte numérisé non relu

XXVII MARS. — P. ANTOINE BLANDI

gé de leur âme ; la seconde de ne laisser vivante au fond de leur cœur aucune afl'ection terrestre, et de se déterminer en toute chose par la seule vue de Dieu.

Parmi les nombreuses faveurs que le P. Blandi avait reçues du ciel, on ne peut en omettre une qui lui était comme habituelle, en récompense de sa charité pour les pauvres. Plus la maison qu'il avait à gouverner était misérable, plus il redoublait ses aumônes ; elles allaient si loin, qu'il fut question à plusieurs reprises d'ouvrir une véritable enquête sur ses libéralités. Mais aux moments les plus critiques, des messagers inconnus venaient lui apporter des sommes très considérables, et l'aidaient même à payer des dettes que ses prédécesseurs avaient contractées. Cependant l'éclat de ses vertus ne devait pas le dérober aux plus dures humiliations. Quelques esprits turbulents et peu religieux parvinrent si habilement à surprendre la bonne foi d'un nouveau Provincial, étranger à la Sicile, que celui-ci, de concert avec le P. Vincent Garaffa, également circonvenu, déposa solennellement le saint Maître des novices, qui ne voulut pas dire une parole pour sa défense ; et après lui avoir fait infliger du haut de la chaire les blâmes les plus humiliants, le condamna à passer le reste de ses jours dans quelque métairie de collège, loin de ceux dont la présence aurait pu le consoler. Un des supérieurs de Païenne obtint, à force de prières, de garder parmi ses inférieurs le P. Blandi ; mais l'humiliation n'en fut que plus vive pour le bon vieillard, toujours sous les yeux de ses frères qui l'avaient vu naguère dans un état si différent. Près de trois ans se passèrent ainsi, riches de patience et de mérites pour le serviteur de Dieu. Cependant la vérité finit par se faire jour. Le P. Caraffa, profondément affligé de son er-

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reur, envoya le commandement exprès d'en faire au P. Blandi une réparation solennelle et digne d'une si héroïque vertu. Mais le saint homme avait connu par révélation divine l'honneur qui allait lui être rendu aux yeux des hommes, et dans son désir d'expirer comme Jésus-Christ, au milieu des opprobres, il avait obtenu de partir pour le ciel un peu avant que l'ordre de cette tardive justice fût arrivé. 11 était dans la soixante-cinquième année de son âge et la quarante-septième depuis son entrée dans la Compagnie.

Patrignani, Menol., 27 marzo, p. 195. — Aguileha, Histor. Provinc. Sicul. , t. 2, p. 518-534. — Nadasi, Annus dier. memorab. , 27» mart., p. 171.

* Le vingt-septième jour de mars de l'an 1655, le P. Louis Albrizio s'éteignit dans une heureuse vieillesse au milieu des novices de Saint-André à Rome. A part quelques années consacrées à la régence et au gouvernement du collège de Bologne et du Collège Germanique, il consuma toute sa vie dans le laborieux ministère de la prédication. Pendant quarante- deux ans, il ne cessa de faire entendre la parole de Dieu dans les plus illustres chaires, avec une réputation et un succès qui le placent, dit le P. Alegambe, au premier rang des orateurs sacrés d'Italie à cette époque. Le pape Urbain VllI voulut l'avoir comme prédicateur au palais apostolique, et son successeur Innocent X le confirma dans la même fonction. Au reste, dit encore le P. Alegambe, le P. Albrizio était orné dans un degré éminent de toutes les qualités qui assurent les triomphes de

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