‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 155 sur 331 · XXVII MARS. — P. JEAN-BAPTISTE CANCELLOTTI · texte numérisé non relu

XXVII MARS. — P. JEAN-BAPTISTE CANCELLOTTI

la parole. C'était, dit un autre de ses biographes, un orateur accompli.

Mais le serviteur de Dieu mettait surtout sa force et sa confiance dans l'emploi des moyens surnaturels et dans la pratique fidèle de toutes les vertus religieuses. Les relations qu'il devait entretenir avec les plus hauts personnages et les applaudissements qu'il recueillait partout, n'altéraient ni sa modestie, ni son aimable simplicité. Ami de la prière, du silence et de l'étude, il ne sortait de sa cellule que forcé par l'obéissance, ou pour se prêter aux devoirs de la reconnaissance et de la charité. Épuisé enfin par les travaux non moins que par les années, il supplia le Souverain Pontife Innocent X de le relever de son office, et il alla passer dans la maison de Saint- André du Quirinal les derniers jours de sa longue et sainte carrière. C'est là qu'il répondit joyeusement à l'appel de Dieu, le samedi saint, plein de l'espérance de partager un jour la glorieuse résurrection du Sauveur. Il était dans la soixante-seizième année de son âge et la soixante-et-unième depuis son entrée dans la Compagnie.

SoTUELLUs, Biblioth., p. 27. — Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, p. 82. - SoMMERVoGEL, BibUoth.^ t. l, p. 138.

* Le vingt-septième jour de mars de l'an 1670 rappelle le souvenir du P. Jean-Baptiste Cancellotti, mort à Rome dans la maison du noviciat de Saint-André. II avait enseigné douze ans la rhétorique aux jeunes religieux de la Province Romaine et exerçait les

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fonctions de compagnon du Maître des novices, lorsque le cardinal Ghigi, plus tard élevé au souverain pontificat sous le nom d'Alexandre VII, frappé de sa prudence et de l'air de sainteté qui brillait sur son visage, le choisit pour confesseur et continua jusqu'à sa mort, arrivée en 1667, trois ans avant celle de l'homme de Dieu, à lui confier la direction de sa conscience. Dans cette charge délicate, le P. Cancellotti ne se départit jamais de l'humilité et de la modestie religieuse. Obligé de vivre au palais apostolique, il se renfermait dans ses appartements, dès qu'il avait rempli son ministère auprès du Vicaire de Jésus-Christ, et y demeurait tout le jour, occupé h travailler et à prier, étranger aux bruits et aux agitations de la cour, et se refusant avec une inflexible fermeté à toutes les vaines distractions qui perdent le temps et dissipent l'esprit.

A la mort du pape, le P. Cancellotti obtint de se retirer sur le mont Quirinal parmi les novices de Saint-André ; il y donna les plus touchants exemples de simplicité, d'obéissance, d'amour de la retraite et du recueillement, de piété envers la très sainte Vierge et d'invincible patience au milieu des plus violentes douleurs de la goutte. Il expira pieusement dans le Seigneur à l'âge de soixantedouze ans, dont il avait passé cinquante-six dans la Compagnie.

SoTUELLus, Biblioth., p. 409. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 611.

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Le vingt-huitième jour de mars de l'an 1614, mourut au collège de Bénévent le P. Jean Margiacco, appelé de son vivant a l'ange du bon conseil ». La réputation de charité dont jouissait Jean Margiacco parmi ses concitoyens, et sa profonde connaissance du droit avaient fait de lui, dès sa jeunesse, l'avocat de tous les pauvres. Le Souverain Pontife Clément VIll, désolé des dissensions qui troublaient toute la noblesse de Bénévent, l'avait fait prier d'accepter le rôle d'arbitre entre les partis rivaux, et il put bientôt le féliciter d'avoir rétabli la paix.

Cependant Jean Margiacco était resté dans le monde jusqu'à l'âge de quarante-cinq ans. Après la mort de sa femme, pénétré de plus en plus de la fragilité des choses humaines, il résolut de ne plus vivre que pour Dieu seul dans la Compagnie. Mais le P. Fabius de Fabiis, alors Provincial de Naples, ne crut pas devoir l'admettre au noviciat, alléguant dans une lettre pleine de sagesse, les graves inconvénients d'une telle démarche, si par malheur elle ne réussissait pas. Aucun obstacle et aucun sacrifice n'étaient capables d'arrêter le généreux chrétien. Il résolut d'aller lui-même plaider sa cause à Rome ; et se jetant aux pieds du P. Claude Aquaviva, il lui découvrit tout à la fois et le travail de l'Esprit-Saint dans son àme,

et sa ferme résolution de redevenir enfant parmi les plus jeunes novices, sans autre souci que de se montrer le plus souple de tous et le plus docile, pour l'amour de Jésus-Christ. Il tint parole. L'influence qu'il exerçait autrefois sur les cœurs, le rendit, dès qu'il eut reçu les ordres sacrés, l'apôtre et l'arbitre du clergé dans un grand nombre de diocèses, et de plusieurs communautés religieuses, où il fit revivre l'esprit de leurs saints fondateurs. Quatorze années de cette nouvelle vie méritèrent au P. Margiacco une place de choix dans le ciel. Gomme sa fille Diana, grande servante de Dieu, priait avec ferveur pour le repos de l'âme de son père, celui-ci lui apparut à plusieurs reprises, tout éclatant de lumière, parmi les enfants de la Compagnie les plus voisins de saint Ignace dans la gloire.

Sant.\g\ta, ht or. délia Pr ovine, di Napoli, t. 3, p. 524 et suiv. ; t. 4, p. 524 et suiv. — Bahone, Vita délia divota Vergine Diana Margiacco, p. 91.

* Le vingt-huitième jour de mars de l'an 4628, mourut à Messine le P. Philippe Caribdès, le second des trois frères de ce nom, qui se consacrèrent à Dieu dans la Province de Sicile. Chacun d'eux, dit le P. Aguilera, déploya au service de Notre-Seigneur et au salut des âmes les rares talents qu'il avait reçus, l'un dans l'enseignement, l'autre dans la prédication et celui dont nous écrivons la notice, dans le gouvernement des Nôtres. Telles étaient en effet la prudence, la discrétion, la sagesse de Philippe Caribdès, jointes

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