‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 156 sur 331 · XXVIII MARS. — P. ANNIBALE VITALE · texte numérisé non relu

XXVIII MARS. — P. ANNIBALE VITALE

à la charité la plus attentive, à une droiture de cœur parfaite, à un empire absolu sur tous les mouvements de ses passions, qu'il passa la plus grande partie de sa vie dans les premières charges de sa Province, et ne remplit pas moins de dix rectorats successifs, à Palerme, à Catane, à Messine, à Trapani, toujours également respecté et aimé de ses inférieurs. Tous allaient à lui comme à un père, et lui ouvraient sans peine les plus intimes secrets de leur âme. C'était une de ses maximes de ne rien leur demander qu'il ne fût prêt à faire lui-même le premier. Mais surtout il traitait de leurs intérêts avec Dieu ; c'est dans la prière, dans une continuelle Ujiion de cœur avec Notre-Seigneur, qu'il puisait les lumières et la force dont il avait besoin pour les conduire selon l'esprit de saint Ignace, et les aider à répondre aux devoirs de leur vocation. Le P. Caribdès usa sa vie dans cet apostolat domestique, non moins glorieux à Dieu et utile aux âmes que celui des missions les plus laborieuses. Il mourut âgé de soixante-huit ans.

Aguilkra, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 240.

* Le vingt-huitième jour de mars, de l'an 1630, mourut dans la maison professe de Naples, à l'âge de quatre-vingts ans, le P. An- NIBAL Vitale, humble et infatigable ouvrier jusqu'au dernier jour de sa vie. 11 était resté prêtre dans le monde jusqu'à l'âge de trente-trois ans, sans avoir eu le courage de répondre à la voix de A. I. — T. I. — 48.

Dieu, qui l'appelait à une vie plus parfaite. S'entretenant un jour avec le Recteur du grand collège de Naples, le P. André Spinola, il lui demanda familièrement s'il n'avait point de regret d'avoir dit adieu à ses grands biens et même à l'espérance de la pourpre romaine, et sur la réponse négative du P. Spinola : « Malheureux homme que je suis, s'écria-t-il, je n'ai point de sacrifices semblables à faire, et je ne sais pas suivre votre exemple. Priez pour moi. .. ». Cependant la leçon avait été efficace, et peu de temps après, Annibal Vitale entrait au noviciat qui venait de s'ouvrir à Naples, sous la direction du célèbre P. Jean-Baptiste Pescatore.

Le nouvel enfant de saint Ignace ne négligea rien pour racheter par un redoublement de bonne volonté sa lenteur à répondre à l'appel d'en haut ; pendant près de cinquante ans, il se dépensa avec une ardeur qui ne se démentit pas un instant. Les ministères les plus humbles et les plus laborieux lui plaisaient entre tous les autres ; il se faisait un jeu de la fatigue et des plus grands dangers, dès qu'il s'agissait du salut des âmes. En temps de mission, il dormait tout habillé pour être debout an premier signal. Suivant la belle expression d'un de ses biographes qui vaut à elle seule un panégyrique, « il vieillit dans les hôpitaux, les prisons, les galères, les missions, pour gagner des âmes à Jésus-Christ ». Un autre, pour exprimer d'un mot son zèle à réconcilier les pécheurs, dit qu'il passa la moitié de sa vie au confessionnal. En effet, nulle partie de son apostolat ne lui tenait plus à cœur. 11 avait demandé avec instances à Notre-Seigneur la grâce de ne laisser passer aucun jour sans entendre quelque confession, et répandre sur les âmes la vertu vivifiante du sang; divin. Cette prière si digne d'un apôtre fut exaucée. Le lundi de la semai-

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