‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 179 sur 331 · XIV AVRIL · texte numérisé non relu

XIV AVRIL

Le quatorzième jour d'avril de l'an 1646, mourut au collège de Palerme le P. Anïonin Paniteri, bienfaiteur insigne de la Compagnie en Sicile, et missionnaire formé à toutes les vertus apostoliques par le Vén. P. Louis La Nuza. C'était une âme d'une pureté angélique ; on pouvait dire, selon une belle expression de saint Jean Chrysostôme, que sa langue était véritablement celle de Jésus- Christ. Pour la rendre plus sainte et plus pure, il avait coutume, avant de monter en chaire, de mâcher lentement quelques grains de myrrhe ; el aussitôt après chaque sermon, il se rendait à la cuisine pour y partager avec les frères les plus humbles travaux. Malgré la fatigue de ses missions, il passait en prière une grande partie des nuits, et ne prenait quelques heures de sommeil qu'assis, ou couché sur la terre nue. A peu près tous les mois, il obtenait de faire en public amende honorable de ses fautes, une corde au cou, une couronne d'épines sur la tête ; et bien que la première fois beaucoup ne pussent s'empêcher de sourire, en entendant tout ce que le saint homme disait de lui-même, l'expression si sincère et si vive de son humilité leur tirait bientôt les larmes des yeux. Un seul trait de sa vie peut faire juger tout à la fois et de sa réputation de saint et des fruits surprenants de

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