‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 183 sur 331 · XVI AVRIL · texte numérisé non relu

XVI AVRIL

Le seizième jour (l'avril de l'an 1617, mourut au collège de Patzquaro dans la Province du Mexique, le P. Jean Ferro, né sur les rives de l'Adriatique, et compagnon du P. Gonzalve de Tapia, dans les missions de Michoacan. Il travaillait depuis quatre années à la conversion des indigènes, et les Espagnols le mettaient au premier rang des hommes apostoliques de ces contrées. On croyait même généralement qu'il avait reçu du Saint-Esprit dans une large mesure le don des langues. Il en paraissait au reste bien digne par son zèle et son ardeur à se vaincre. Jusqu'au milieu des accès de fièvre que lui causaient les exhalaisons des terres chaudes, l'intolérable tourment des insectes, et ses fatigues à la poursuite des tribus errantes, il avait encore le courage d'étudier les plus barbares idiomes, comme si la maladie eût été son temps de repos.

OviEDo, Menai., 16 abril, p. 95. — Aleghe, Historia S. J. en Nueva- Ëspaha, t. 1, p. 155, 199, 445 ; t. 2, p. 68, 7,6. — Nadasi, Ann. dier. memor., 22" aug., p. 120.

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Le seizième jour d'avril, à Home, l'an 165^^, mourut le F*. Thomas Reina, l'un des meilleurs orateurs de l'Italie, qu'il évangélisa d'une extrémité à l'autre, durant environ trente ans. Appelé ensuite, à cause de ses rares qualités, au gouvernement du collège et de la Province de Milan, puis de la Province de Sicile, Assistant d'Italie sous le P. Vincent Carafîa, Visiteur de Venise sous le P. François Piccolomini, il eut partout, auprès des étrangers comme auprès de ses inférieurs et de ses frères, la réputation d'un prédicateur apostolique et d'un vrai supérieur selon le cœur de Dieu. Obéissant comme le plus docile novice au premier signal de la cloche, il se dédommageait ainsi de ne pouvoir pratiquer autrement cette belle vertu des enfants de saint Ignace. Il s'était imposé la loi, par respect pour la Majesté divine, de réciter son bréviaire à genoux, à moins d'une impossibilité absolue ; et il ne manquait jamais de tourmenter son corps par les jeûnes, le cilice ou les chaînes de fer, et de le flageller tous les jours très cruellement.

SoTUELLUs, Biblioth., p. 7G^i. — ■ de Backer, Biblioth., i" édil.. t. 1, p. 618. — Aguilekv, Histnr. Proviiic. SicuL, i. 2, p. Mi, 434.

* Le seizième jour d'avril de Tan 1765, mourut au (Collège Romain le P. .lÉROME DE Sa.nctis, l'apôtrc de la jeunesse. Il était entré dans la Compagnie déjà prêtre, à l'âge de vingt-quatre ans. L'auteur de sa notice nous le montre, après sa régence, ballotté d'un collège à l'autre, d'un emploi à l'autre, tour à tour proies-

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seur de philosophie et de théologie, missionnaire, préfet des études, directeur d'une maison de retraites, confesseur à l'oratoire de Caravità, comme un homme qui n'aurait pu prendre racine nulle part. On sut dans la suite que ce généreux fils de saint Ignace, faisant bon marché de ses goûts et de sa réputation, s'était offert aux supérieurs pour cpi'ils usassent de lui à leur bon plaisir, prêt à accepter, sans excuse et sans retard, tout office où ils voudraient l'occuper. 11 s'en fallait bien, au reste, que le P. de Sanctis, dans cette multiplicité de fonctions, eût éprouvé aucun échec ; partout au contraire, son obéissance avait été couronnée des plus heureux succès, surtout auprès des enfants, pour lesquels Dieu lui avait donné un cœui- de père et d'apôtre.

Enfin la Providence le conduisit au poste qui convenait le mieux à ses goûts et à ses aptitudes, celui de confesseur des élèves au Collège Romain. « Là, dit son biographe, il fut dans son élément et dans son centre ». Son zèle, longtemps enchaîné ou contrarié par d'autres devoirs, se donna libre carrière. 11 avait alors quarante-deux ans ; il ne devait plus vivre que six années ; mais dans ce court espace de temps, il amassa les fruits d'un long apostolat. Il avait pris pour résolution inébranlable « de ne chercher en cette vie ni repos ni satisfaction d'aucune sorte, mais uniquement le travail et la fatigue pour la gloire de Dieu et le salut des âmes ». Aux confessions de chaque jour, il joignait la direction de plusieurs congrégations, celles des Apôtres, des saints Anges, réunions d'élite où florissaient toutes les vertus de la jeunesse, pépinières de vocations sacerdotales et religieuses ; et bientôt après, pour que ces enfants n'eussent à subir autour d'eux aucune influence malsaine, il fonda celle des valets ou gouverneurs chargés

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<le les accompagner au collège el de les famener à la maison palernelle.

L'œuvre par excellence «lu P. de Sanctis fut celle du catéchisme. Chaque senuiine, dans l'église du Collège Romain, il devait enseigner la doctrine chrétienne aux élèves ; c'était une des attributions de sa charge. 11 déployait dans ce ministère toutes les ressources du zèle le plus ingénieux el le plus ardent : le chant, les dialogues, les concertations. Une foule nombreuse se pressait toujours derrière les écoliers et remplissait la vaste nef : gens du peuple et grands seigneurs, prêtres séculiers et religieux de tous les ordres. Le Cardinal-Vicaire Odescalchi, attiré un jour à Saint-Ignace par la renommée de ces merveilleux catéchismes, ne savait comment exprimer son admiration : « Ceci n'est pas un catéchisme, disait-il ; c'est un paradis ».

Avec cet amou)' de l'enfance qui ne connaissait ni trêve ni repos, ce qui ravissait surtout dans le P. de Sanctis, c'était un reflet de sainteté douce et aimable qui rayonnait de toute sa personne, une modestie angélique qui répandait autour d'elle un suave parfum d'innocence et de pureté, une piété à l'autel qui pénétrait les moins fervents de respect et de dévotion ; c'était l'ardeur brûlante avec laquelle il parlait de Dieu, sa charité pour les pauvres, les malades, les moribonds, qui se dépensait pour tous et ne savait jamais dire non. La douleur et la consternation éclatèrent sans mesure parmi la jeunesse des écoles, quand on apprit que le P. de Sanctis, abattu enfin par un mal qu'il avait longtemps dissimulé, était en danger de mort. Prières, pieuses stations <levant le saint Sacrement, aux autels de Notre-Dame, de saint Louis de Gonzague et de saint Stanislas, tout fui mis en

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œuvre pour obtenir du ciel la conservation d'une vie si précieuse. Mais l'heui^e de la rt-compense était venue pour le fidèle serviteur. Au milieu des larmes et des bénédictions de ceux qu'il avait tant aimés, il s'endormit doucement dans le baiser du Seigneur, à l'àg-e de quarante-huit ans ; il en avait passé vingt-quatre dans la Compagnie.

Vùa (/ns.jdel P. Girolomo de Sanctis, dello Provinvia Romana ( Arc/i.

Rom . ).

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