‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 195 sur 331 · XXII AVRIL. P. JEAN-DOMINIQUE BONACCORSI · texte numérisé non relu

XXII AVRIL. P. JEAN-DOMINIQUE BONACCORSI

jamais connu, dans la Compagnie tout entière, un Iiomme aussi mort à lui-même que le P, Bernard, ni qui menât une vie plus crucifiée. Mais après cette épreuve, les dix dernières années du serviteur de Dieu n'en furent pas moins glorieuses. Le Souverain Pontife Paul V voulait le revêtir de la pourpre romaine ; il n'en fut empêché que par ses larmes. Quand il eut rendu le dernier soupir, Notre-Seigneur le fit voir dans le ciel, élevé à un incommensurable degré de gloire, et accueilli par ce beau témoignage de notre bienheureux Père saint Ignace : « Voici un de mes vrais enfants » !

Vies du P. Colnago, Cf. Carayon, Bibliograph. histor. de la Compagn., n. [lll-ïlla. — JuvENCius, Histor. Soc, part. 5, lib. 25, a. 21, p. 867 seqq. — Lin. ann. Soc, ann. 16H, p. 1. — Patrignani, MenoL, 21 april., p. 192, — Nadasi, Ann. dier. memor., 22» april., p. 221. — Drews, Fasti Soc, 22« april., p. 152. — Schinosi, Jstor. délia Provinc. di Napoli, t. 1, p. 306 et suiv., p. .383, 483. — Santagata, Istoria delta Prov. di Napoli, t. 3, p. 424 et suiv. — Aguilera, Hist. Prov. Sicul., t. 1, p. 566 seqq. — Sotuellus, Biblioth., p. 120. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 1296. — Andrade, Varones ilustres, t. 5, p. 347-403. — Mongitore, Biblioth. Sicul., t. \, p. 106. — Rho, Varia; virtut. Histor., p 19, 322, 841.

* Le vingt-deuxième jour d'avril de l'an 1S97, à Venise, mourut le P. .Jean-Dominique Bonaccorsi, né à Rametta, près de Messine, prédicateur et professeur éminent, tour à tour accueilli par les applaudissements les plus enthousiastes et en butte aux plus rudes épreuves de l'amour propre, mais dans l'humiliation comme a. i. T. I. — tjO.

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dans l'honneur, également soumis à la volonté de Dieu, et attentif à tirer profit pour son âme de l'une et de l'autre.

Il enseignait la philosophie au collège de Naples sous le trop célèbre P. Denis Vasquez, le principal instigateur des troubles qui agitèrent les premières années du P. Aquaviva. Dans son traité de l'âme, il avait passé rapidement sur la théorie de la multiplicité des âmes dans un même corps, et s'était contenté de taxer cette théorie de fausse et d'erronée. Le P. Vasquez estima que la question méritait plus de développements, et la censure plus de sévérité. Sans tenir compte des observations du P. Bonaccorsi ni attendre qu'il modifiât sa thèse, il réunit lui-même les élèves et leur dicta les corrections à faire clans leurs cahiers. Le professeur garda le silence. Il ne se plaignit qu'à Dieu et au Père Provincial ; c'était alors le P. Salmeron. Celui-ci trouva sa lettre si belle et si mesurée, qu'il la conserva précieusement, comme un modèle de la modestie et de la réserve à garder dans les plaintes adressées aux supérieurs. Il le nomma peu après lecteur de théologie et le P. Vasquez fut envoyé en Espagne.

De plus grands succès, suivis d'humiliations non moins grandes, attendaient le P. Bonaccorsi sur un autre théâtre. Il avait un talent remarquable pour la chaire. 11 prêcha dix ans de suite à Venise, « et le dernier jour, dit le P. Aguilera, il était plus goûté que le premier ». La foule se pressait dès le grand matin dans les églises où il devait parler, et d'innombrables gondoles couvraient tous les canaux d'alentour. Aussi les plus grandes villes d'Italie se disputaient la faveur de l'entendre. En 1590, il donna le carême à Naples ; le concours n'y fut pas moins considérable qu'à Venise. Sans cesser de demeurer grave et apostolique, le P. Bonac-

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