‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 2 sur 331 · JANVIER. — P. JEAN-BAPTISTE VASSALLO. S · texte numérisé non relu

JANVIER. — P. JEAN-BAPTISTE VASSALLO. S

* Le récit de ses travaux clans cette île dt-passe presque toute croyance. A voir son ardeur qui semblait ne connaître aucune fatigue et n'avoir besoin d'aucun repos, le peuple l'appelait l'/iomme porté par la niai/i de Dieu. 11 allait sans cesse de mission en mission, et partout son zèle, soutenu par l'éclat de sa sainteté et souvent par la vertu des prodiges, opérait des conversions sans nombre. Il prêchait en plein air, nulle église n'étant capable de contenir les foules qui accouraient de toutes parts, et restaient des heures entières suspendues à ses lèvres, comme fascinées i)ar la puissance et l'onction de sa parole : « Voilà l'éloquence des saints, s'écriait plein d'admiration après l'avoir entendu deux heures de suite, un religieux de saint François, l'orateur alors le plus en renom de toute la Sardaigne ; le P. Vassallo vit en saint, et il prêche en saint. Nous autres, nous consumons nos forces à limer des phrases stériles ; et par un seul discours sans apprêts, ce Père fait plus de conversions que nous par tous nos carêmes les plus étudiés » .

Le P. Vassallo ne se contentait pas de prêcher ; il établissait partout des œuvres destinées à étendre et à perpétuer le bien des missions : Cong-régation de la Doctrine chrétienne pour l'instruction religieuse des enfants. Congrégation des enfants de Marie, de la Bonne Mort, Confrérie du Saint-Sacrement ; beaucoup (]c ces pieuses institutions subsistent encore aujourd'hui au grand profit des âmes. 11 ne négligea rien surtout pour répandre la pratique des Exercices spirituels de notre Bienheureux Père, et il ne se donna point de repos ({u'il n'eût fondé une maison de retraite dans la capitale de l'île. Usé par tant de travaux, le cœur meurtri, brisé par la suppression de la Compagnie, mais toujours brû-

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lant (lu zèle des âmes, le P. Vassallo âgé de (juatre-vingt-quatre ans, tomba d'une manière digne de lui et de toute sa vie, dans l'exercice même de l'apostolal. Il venait d'expliquer la parabole de l'enfant prodigue et d'exalter la miséricorde infinie du Cœur de Jésus, lorsqu'il fut frappé d'un mal subit et expira presque aussitôt, pleuré et vénéré de la ville de Cagliari et de l'île tout entière, ofi sa mémoire est encore en bénédiction.

BoERo, Menologio, 1 Genn. , pp. -Hi-Vi.

* Le premier jour de janvier de l'an 1703, mourut au collège de Monreale, en Sicile, le V. Scolastique Vincent-Marie Verdino, avec le beau surnom" d'ange, et la réputation d'un saint. Dès le berceau, pour ainsi dire, il avait été prévenu des bénédictions particulières de Dieu. l']colier à notre collège de Palerme, il avait sollicité et obtenu la grâce de s'enrôler dans la Congrégation dite de la ferveur, réunion d'élite où l'oraison, l'examen de conscience, la lecture spirituelle, la mortification étaient les pratiques de tous les jours ; à l'âge de (|uinze ans, il entra dans la C^impagnie.

Toutes ses vertus brillèrent alors d'un plus vif éclat. Au zèle de sa perfection il joignit, son noviciat terminé, l'amouj- de l'étude et s'y livra avec toute l'ardeur (|ue saint Ignace demande à ses enfants. Les plus beaux succès récompensèrent ses efforts ; mais au milieu des applaudissements et des triomphes les plus enviés, Vincent Verdino rendait gloire de tout à la Sainte Vierge, qu'il avait choisie pour guide et protectrice de ses travaux.

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La dévolion à saint Joachim s'unissait dans son cœur à la dévotion à Marie et à Jésus ; il s'elï'orea d'en propager le eulte par toutes les industries de l'amour le plus ardent ; il composa même, en l'honneur tlu .<^lorieux patriarche, un écrit destiné principalement à ses élèves, ouvrage d'un mérite bien supérieur à ce qu'on pouvait attendre d'un jeune homme de vingt-deux ans, et qui fut publié après sa mort. Une fin prématurée brisa toutes les espérances qu'avaient tait naître de si riches qualités d'esprit unies à tant de vertu. Le F. Verdino fut atteint d'une maladie de langueur ; et après de pénibles souH'rances, consolées par le souvenir de la Passion du Sauveur, et par l'invocation mille fois répétée des noms bénis de Jésus, de Marie et de Joachim, il s'endormit paisiblement du sommeil des justes ; il n'était pas encore Agé de vingttrois ans, et en avait passé sept dans la Compagnie.

Brève Hagguaglio délie i'ir/it del F. Vincenzo-Mnria Verdino. . . Palermo, 170''i. — Cette notice se trouve en tête de l'ouvrage du F. Verdino Motivi alla divozione di S. Gioachimo. . . — Patrignaîsi, Meiiol. Genii., p. 14. — DE Backeiî, Bibliothèque des Kcrivains de In Compagnie de Jésus, !'« édition, l. I, p. 77G. — M\zzoj,\ri, Sodalis Parthenius, p. 141. — MoNGiTORK, Bibliotheca Sieulo, i. 2, p. 289.

* Le premier jour de janvier de l'an 171:2, le P. Antoine-Georges GiANNELLi s'éteignit à Sera, dans la Province de Naples, après une vie consumée tout entière dans les travaux de l'enseignement et du ministère apostolique. Dès son entrée au noviciat, il avait paru si accompli, que ses compagnons en le voyant répétaient

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avec admiration les paroles prononcées autour du berceau de saint Jean : Qiiis piitas puer iste erif ? Luc. 1 , 66.

Trois vertus brillèrent d'un éclat particulier dans le P. Giannelli : une modestie ang-élique, une union très étroite avec Dieu, un détachement complet du monde et de lui-même. On peut dire que par sa modestie il fit revivre les exemples du Bienheureux Louis de Gonzague ; il serait difficile de trouver dans nos histoires un modèle plus achevé de la garde des sens. 11 avait fait un pacte avec ses yeux, et jamais, dit l'auteur de son élog-e, pendant les soixante ans qu'il vécut, il ne se relâcha sur ce point de la plus extrême sévérité. Aussi nulle vaine image ne venait troubler sa prière et gêner son union continuelle avec Dieu. Il était comme un ange à l'autel, et les âmes pieuses accouraient par dévotion assister à sa messe, tellement elles ('-laient saisies par le rayonnement surnaturel de foi et de charité qui jaillissait de son visage et de toute sa personne. Gomme il ne vivait que pour Dieu et en Dieu, il était entièrement mort à toute recherche d'intérêt personnel ; son bonheur était de lire au réfectoire, de remplacer les professeurs ■ dans leurs classes, d'aider les Frères Goadjuteurs dans leurs plus bas offices, en un mot de se livrer au service de tout le monde ; les supérieurs durent même plus d'une fois l'avertir de mettre des bornes à son humilité, par respect pour le caractère sacerdotal dont il était revêtu.

Son zèle pour les Times embrassait toutes les oeuvres apostoliques, mais surtout les plus humbles et les plus pénibles, la confession, le catéchisme aux enfants, l'assistance des moribonds, pour laquelle il avait une grâce particulière. Dès que les habitants, de Sora le virent venir et qu'ils curent contemplé son visage resplen-

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(lissant d'une si douce modestie : « Voilà, s'écrièrent-ils pleins de joie, en rappelant le souvenir d'un autre entant de la Compag-nie mort au milieu d'eux, plus d'un siècle auparavant, voilà un autre P. Bizzarri ; comme lui, il aidera nos âmes pendant sa vie ; comme lui, il g^lorifîerà notre cité après sa mort ». Ils disaient vrai : après un apostolat de sept années consacrées à ce bon peuple, le P. Giannelli sentit tout à coup ses forces l'abandonner. A la première annonce de l'appel de Dieu : « Lectatus siini in /lis quœ dicta sunl ini~ Ai', dit-il io3'eusement. Les oraisons jaculatoires les plus touchantes étaient sans cesse sur ses lèvres, et entr'autres celle-ci du vénérable P. Vincent CaraiTa : Unica spes mea Jésus, post Jesiini Virgo Maria. Après une maladie de quelques jours, il expira doucement et fui enseveli au milieu des larmes et des témoignag-es de la vénération publique. 11 était Agé ' de soixante ans, et en avait passé quarante-trois dans la Compagnie.

1*'r\nc. Tutu. — Brcvi Ra^guagli délia vita di alcuni servi di Dio délia Provincia Roniana^ S. J. liomœ, 1727, p. 175 suii>. — Patrignani, iMenologio, I Gennaio, p. 17. — Sommeuvogel, Bibliothèque de la Com~ pagnie de Jésus., t. 3, p. 1386.

Le premier jour de janvier de l'année 1821 mourut à Ghiari, sa patrie, petite ville de la province de Brescia, dans la quatrevingt-troisième année de son Age, le P. Etienne-Antoine Morcelli, le créateur de la science des inscriptions, mais plus illustre encore par sa piété et par toutes les vertus religieuses. Entré à l'a-

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ge de seize ans au noviciat de Saint-André à Rome, il donna bientôt les plus belles espérances. Il enseig-na tour à tour la g-rammaire à Arezzo, les humanités à Raguse, la rhétorique à Ferme et au Collège Romain, où il lut collègue du célèbre P. Raymond Gunicli, son ancien professeur d'éloquence. La suppression de la Compagnie fit à son cœur une blessure, dont sa conformité à la volonté de Dieu et son esprit de foi qui voyait en toute chose les adorables dispositions de la Providence, purent seuls le consoler. C'est à cette époque qu'il entreprit son grand ouvrage De stylo inscriptiotnun latinariini, qui a reçu les éloges des antiquaires les plus distingués. Les plus nobles familles de Rome se disputèrent l'honneur de lui offrir l'hospitalité ; mais le P. Morcelli, fidèle aux leçons de simplicité et de pauvreté (ju'il avait apprises à l'école de la religion, préféra s'enfernu'i- avec quelques prêtres, autrefois membres comme lui de la Compagnie, dans la uiaisou du Gesù, et y continuer les observances de la Aie commune. Un ancien Jésuite qui n'avait pas cru devoir se condamner à la même rigueur, lui montrait un jour avec complaisance le confort et le luxe dont il s'était entouré dans son habitation, ses vastes appartements, ses galeries de peintures, ses magnifiques jardins ; le P. Morcelli regardait tout d'un air distrait et indifférent ; et comme son hôte étonné lui en demandait la raison : « .Je ne voudrais pas, réponditil, que les délices de ce monde nous fissent perdre les délices du ciel ».

L'humble religieux était plongé tout entier dans ses travaux, quand les instances unanimes de ses compatriotes l'obligèrent à se charger de la cure de Chiari, sa ville natale. Dans ce nouveau poste, si éloigné, semblait-il, de ses aptitudes et de ses goûts, il

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