I''' JANVIER. — P. ETIENNE-ANTOINE MOKCEI.IJ
fit paraître les qualités du plus habile et du plus zélé pasteur des âmes. L'instruction chrétienne distribuée, dans les diflérenles ég-lises de la ville, à toutes les classes de la société et à tous les àges ; l'ordre et l'éclat des cérémonies, la fréquentation des sacrements, l'extirpation des abus, l'institution d'œuvres de charité et de miséricorde, la publication de bons livres pour nourrir et éclairer la piété : il mit tout en œuvre pour bien gouverner le troupeau qui lui avait été confié. 11 donnait au reste lui-même l'exemple de toutes les vertus ; c'était un spectacle j)lein d'édification tic le voir au saini autel ; il nofl'rail jamais le divin sacrifice sans verser des larmes en abondance. Souvent au milieu do ses oraisons, ses familiers entendaient les soupirs ardents que l'amour faisait jaillir de son cœur. Les louanges le laissaient froid et indifférent : « La grande affaire, répondit-il un jour ;i un importun complimenteur, <jui le félicitait de son beau style, la grande affaire que de savoii' un peu de latin ! .le ne suis (|u'un misérable ». .'\ttache à son église, il n'avait nulle ambition. Les habitants de Raguse (|ui, après trente-cinq ans, gartlaient encore vivant le souvenir de celui qu'ils avaient connu régent d'humanités, lui ayant offert l'archevêché de leur ville, il refusa nettement, et ni les instances unanimes des magistrats, ni les prières de ses amis ne purent triompher de sa résistance.
Cependant à la voix <lu pape Pie V'il, la Compagnie de Jésus venait de renaître à la vie. Le P. Morcelli s'empressa de solliciter la faveur de reprendre le joug de sa jeunesse ; mais le peuple de Chiari refusa de le laisser partir, et porta ses instances jusqu'au trône du Saint-Père. Pie Vil fît droit à leur requête, et par son
ordre, le serviteur de Dieu, tout en faisant partie de la Com|)agnie, A. I. — T. i. - 2.
10 MÉNOLOGK S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
resta clans l'exercice de ses fonctions curiales. Mais, à vrai dire, sa vie ne l'ut plus désormais qu'une longue suite de souffrances supportées avec une héroïque patience ; la cécité se joignit à ses autres maux. Au milieu de ses épreuves, le saint vieillard ne savait que répéter ces paroles, écho fidèle de son amour et de son humilité : Dorniniis meus et Deus meus ; Dojnine, fac me slcut unum, de m,ercenariis tuis.
Ses funérailles furent un triomphe. La voix publique le salua du nom de saint ; et nombre de miracles attestés avec serment, et dont les procès se conservent dans nos archives, glorifièrent sa mémoire et proclamèrent son crédit auprès de Dieu.
Ca^ballero, Bibliothecœ Scriptor. Societ. Jesu supplementa ; supplem. 1"% p. 193. — BoERo, Menol. délia Compagn., 1" Genn., p. 34. — de Hacker, e'dù. SoMMERvoGEL, iit-foUo, t. 2, p. 1372 et suiv. — Caraïon, Bibliographie historicj. de la Compagnie de Je'sus, n° 2314.
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