‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 20 sur 331 · XI JANVIER. F. VINCENT DANDINI · texte numérisé non relu

XI JANVIER. F. VINCENT DANDINI

embarras de famille, causés par la mort de son père, ne lui permirent pas de donner suite à cette pensée. Les Pères Dominicains de Santa-Maria-Novella dirigeaient alors une florissante congrégation d'hommes, dite de saint Benoit-le-Blanc, où se réunissait l'élite de la société florentine. Vincent Dandini sollicita la faveui- d'y ôtre admis, et pendant quatorze ans, il y pratit[ua toutes les vertus du plus fervent eongréganiste. Dégagé enfin de ses préoccupations domestiques, il tourna de nouveau ses regards vers la Compagnie, et le vingt-et-un octobre 1720, il franchit le seuil du noviciat de Saint-André : il avait alors trente-quatre ans.

Dès le premier jour, au témoignage de son Maître des novices, il parut un religieux formé ; nul n'avait plus de piété, de modestie, d'humilité. Son temps d'épreuves terminé, il resta trois ans à Saint-André, occupé à peindre ou à letoucher les portraits des Pères ({ui ornaient les corridors de la maison ; de là, il fut envoyé à la maison professe, où il retoucha également ([uelques-uns des tableaux de l'église du Gesù ; mais surtout, dit un Père, il vint au milieu de nous pour nous embaumer du parfum des plus suaves vertus. Il fut ensuite chargé du soin de la porte ; et telles étaient sa douceur, son aifabilité envers tout le monde, surtout envers les pauvres et les petits, qu'on l'appelait le Saint. Un Père ayant été renversé et presque écrasé par un chariot, se trouva réduit à une immobilité absolue, et dans l'impuissance de s'aider lui-même d'aucune manière. Le F. Dandini fut placé auprès de lui ; et pendant près de deux ans, il l'assista avec une charité, une délicatesse, un respect, une assiduité du jour et de la nuit, qui ne se démentirent pas un instant ; pendant ces longs mois, il ne demanda pas une seule fois la permission de sortir de? la maison.

60 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.

Aussi le pauvre infirme ne savait assez remercier Dieu de lui avoir envoyé cet ange visible, c'est ainsi qu'il l'appelait, pour lui a- «loucir les rigueurs de cette terrible épreuve.

Les autres A^ertus ne brillaient pas dans le F. Vincent d'un moindre éclat. On admirait surtout en lui une chasteté ang-élique que nul souille ne ternit jamais ; une humilité que les plus grandes laveurs rendaient encore plus profonde, comme si elles lui étaient données pour soutenir sa faiblesse, et le préserver des chutes les plus tristes ; enfin un zèle qui jaillissait en flammes ardentes de son cœur, et mettait tout en œuvre, la prière, les bons exemples, les saintes paroles pour gagner les âmes à Notre-Seigneur.

Orné de ces mérites et purifié encore par l'épreuve de la souffrance, le r. Dandini alla recevoir la récompense du bon et fidèle serviteur. Quand il eut expiré, son corps parut rayonnant d'une beauté toute céleste, en témoignage de son incomparable pureté ; il était dans la quarante-huitième année de son âge et la quatorzième depuis son entrée dans la Compagnie.

Strozzi, s. J. Vita del F. Vincenzo Dandini. . . Jioma, 1753. — Boe- H0, Menol. , 11 Genn., p. 205. — Mazzolahi, Comment, et Ellog. , p. 152.

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