XXVII AVRIL
Le vingt-seplième jour d'avril de l'an 1632, mourut à Bivona le P, Antonin Filippazzi, vénéré comme un apôtre et comme un supérieur selon le cœur de saint Ignace, soit dans les nombreuses maisons qu'il eut à gom^erner en Sicile, soit dans les missions de l'Archipel, au milieu des Grecs et des Musulmans. L'une de ses plus belles œuvres fut la célèbre congrégation dite des mortifiés, à Syracuse, dont les membres se réunissaient chaque vendredi, pour se livrer à toute sorte d'exercices de pénitences et d'humiliations. Une grande partie de la noblesse, bravant le respect humain pour l'amour de Jésus-Christ, faisait partie de cette réunion, grâce à la salutaire influence du P. Filippazzi, et le peuple suivait avec empressement, comme d'ordinaire, l'entraînement d'un pareil exemple.
Vers la fin du mois d'août de l'an 1619, une Hotte sicilienne parut tout à coup en désordre devant Syracuse, encombrée de malades et de blessés. Rien n'était préparé pour les recevoir et les secourir. A la première nouvelle de leur détresse, le P. F'ilippazzi accourut avec sa congrégation et quelques-uns de nos Pères et Frères. Sous sa conduite, on élève à la hâte, le long du rivage, trois vastes hôpitaux en planches ; puis tous vont mendier
496 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.
de porte en porte ou chercher dans leurs propres demeures, des matelas, du linge, des couvertures, des remèdes et des aliments de tout genre, portent les malades dans leurs bras, remplissent auprès d'eux toutes les fonctions de serviteurs ; et bientôt ces malheureux sont en état de reprendre la mer, proclamant bien haut qu'ils doivent la guérison de leurs corps et de leurs âmes au dévouement des enfants d'Ignace et des congréganistes du P. Filippazzi.
Aguilera, Histor. Provinc. Siciil., t. % p. 79, 272.
Le vingt-septième jour d'avril de l'an 1710, mourut à Montepulciano le P. Camille-Marie Borghesi, insigne missionnaire de la Toscane, de la Sabine, de la Campagne de Rome et de tout le Patrimoine de saint Pierre, durant environ trente ans. Elevé à Sienne dans tous les exercices de la jeune noblesse, il donnait dès lors néanmoins le bel exemple d'aller de temps en temps à l'hôpital de Santa Maria délia Seala, pour servir les pauvres malades ; et plus d'une fois, il y porta môme sur ses épaules ceux qu'il avait rencontrés gisants au milieu des rues. Bientôt dégoûté des vaines espérances du siècle, il résolut de se donner tout à Dieu, reçut le sacerdoce, et pour mieux travailler à sa perfection, passa quelque temps dans la compagnie des pieux enfants de saint Philippe de Néri. Puis cédant à une inspiration fort extraordinaire de la grâce, il partit un jour pour Rome à pied, en pèlerin, sans papiers ni recommandations d'aucune sorte, et vint ainsi frapper