‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 234 sur 331 · XI MAI. — P. JEAN-FRANÇOIS ARALDO · texte numérisé non relu

XI MAI. — P. JEAN-FRANÇOIS ARALDO

Différentes Vies de S. François de Geronimo, cf. C\r\yon, Bibliographie historiq. S. J., n. 1861 et suiv. — P. Julien Bach, Histoire de saint François de Geronimo. . . 1" e'dit.^ p. 591. — Patrignani, Menai., 11 maggio, p. 74. — Drews, Fasti Soc, 11^ maii, p. 180.

L'orthographe de Geronimo est la plus communément reçue par les auteurs italiens ; on écrit encore de Girolamo ou de Hieronimo ; en latin, on dit toujours Francisons de Hieronymo. — Cf. P. Bach, Op. cit., p. x.

* Le onzième jour de mai de l'an 1599, mourut à Naples dans la maison professe le P. Jean-François Araldo, l'apôtre de la virginité. Sa famille l'avait fait entrer de bonne heure à \c cour du cardinal di Garpi, protecteur de la Compagnie. Or, saint Ignace

venait souvent s'entretenir avec ce prince de l'Eglise des intérêts de son Ordre naissant. Le jeune homme, frappé de l'air de gravité douce et modeste qui brillait sur son visage, s'offrit à lui. Ignace l'admit et le forma lui-même pendant un an ; puis il le confia avec neuf autres jeunes gens d'élite au P. André d'Oviedo, futur patriarche d'Ethiopie, qu'il avait envoyé fonder un collège à Naples. Jean-François fut chargé d'une classe de grammaire. Or un jour, racontent ses biographes, il lui arriva, dans un moment d'impatience, de rudo3^er vivement et même de frapper un élève, sans attendre le correcteur d'office : c'était une infraction à une ordonnance toute récente de saint Ignace. Le P. Bobadilla, surintendant du collège, informé du fait, condamna le coupable à manger à terre et à se contenter de pain et d'eau mendiés à la table de la communauté. Le F. Jean-François relevait alors d'une très grave maladie ; la pensée lui vint qu'une telle pénitence

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pourrait lui être funeste, et il conjura le P. Oviedo, qui était toute douceur et toute charité, de lui obtenir la permission de la remettre à un jour plus éloigné. Le Père Recteur l'encouragea et l'assura qu'il trouverait au contraire dans cette mortification l'entier rétablissement de ses forces ; ce qui arriva en effet, Dieu bénissant ainsi l'obéissance du jeune religieux.

Cependant le P. Bobadilla et le P. Oviedo étaient seuls prêtres au nouveau collège ; ils ne pouvaient suffire à la multitude des pénitents qui demandaient à se mettre sous leur direction. Bien qu'il n'eût encore que vingt-cinq ans, le F. Araldo fut choisi pour leur venir en aide. C'est le premier Jésuite élevé au sacerdoce dans la Province de Naples. A cette occasion, le P. Oviedo fit éclater de la manière la plus touchante la vivacité de sa foi. Il balaya luimême toute la maison et la para de fleurs et de plantes odoriférantes ; il invita le P. Salmeron à prendre la parole le jour de la première messe, qui fut célébrée dans une des principales églises de la ville, au milieu d'un grand concours d'amis ; puis avec une humilité admirable, il se jeta aux pieds du nouveau prêtre, et les larmes aux yeux, il lui remit le soin de son âme. Le P. Araldo était digne de ces témoignages de confiance.

Une foule nombreuse ne tarda pas à se presser autour de son confessionnal. Il avait surtout un don merveilleux pour inspirer aux âmes l'amour de la pureté ; il semblait, dit un historien, que les anges dirigeaient eux-mêmes sa langue, et que la plus pure lumière du ciel accompagnait ses paroles. Aussi nombre de ses pénitents couraient mettre à l'abri leur virginité dans les monastères, ou menaient dans le monde une vie tout angélique. Il dirigea longtemps les deux illustres vierges Ursule Benincasa et

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