XVII MAI
Le dix-septième jour de mai de l'an 1658, mourut à Home, dans la maison professe, le F. Coadjuteur Jacques GgfI'ETTI surnommé par le P. Mutins Vitelleschi, «l'ange du Gesù ». Il ne savait ni lire ni écrire, et remplissait habituellement l'office de maçon ou de couvreur. Mais sa douce et continuelle familiarité avec Dieu en avait fait un homme d'oraison, merveilleusement éclairé par le Saint-Esprit. Aussi passait-il sans effort plusieurs heures cha- ([ue jour, et quelquefois les nuits entières prosterné au pied du saint Sacrement, surtout dans certaines circonstances plus solennelles, telles ([uc les nuits des Quarante-IIeures, de Noël ou du .Jeudi Saint. Tout ce cpii semble d'ordinaire, à moins d'une grande vigilance, nuire le plus au progrès de beaucoup d'àmes religieuses, comme le temps des récréations et mille autres occasions journalières de distractions, n'avait d'autre effet que de l'unir plus intimement à Notre-Seigneur ; il ne savait ([ue parler de lui, et ne trouvait de joie qu'à souffrir et à se fatiguer pour lui.
A l'âge de quatre-vingts ans, il se flagellait encore sans pitié avec l'ardeur d'un jeune homme, et ne laissait passer aucun jour sans un acte au moins d'humilité ou de mortification au réfectoire. Mais son plus grand mérite, sans contredit, fut de se dépenser
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sans trêve et sans réserve au service de la Compagnie, pour l'amour et la gloire de Notre-Seigneur. Nul de ses supérieurs ne se rappelait avoir vu un Frère aussi laborieux et aussi obéissant que lui, durant les cinquante-huit années de sa vie religieuse. Selon la pensée d'un de nos historiens, on aurait pu graver sur sa tombe ces belles paroles mises par le Saint-Esprit sur les lèvres du grand Apôtre : « Ahundantius illis omnibus lahoravi ; de tous ces serviteurs de Dieu, nul n'a tant travaillé cpie moi » ; ou ces autres qui ne sont pas moins glorieuses pour sa mémoire : « Hujus ciri plena effigies surit Regulx Coadjutorum, et ille liaruni vicissini ac singularuin i>era imago fuit ; le portrait achevé du F. Goffetti, ce sont les Règles des Frères Coadjuteurs ; pareillement la vivante expression de toutes et de chacune de ces règles , c'est le F. Goffetti ».
Pathignani, Menai., 17 niagg., p. 125. — Nadasi, Ann. dier. memor., 17^ maii, p. 270. — Drkws, Fasti Soc. Jes., 17* maii, p. 188.
Le dix-septième jour de mai de l'an 1606, mourut à Rome le P. Nicolas Orlandini, de Florence. Après avoir été sept ans Maître des novices à Naples, il fut appelé à Rome pour écrire les premières Lettres annuelles livrées à l'impression, et ensuite l'Histoire générale de la Compagnie. Il avait terminé la moitié du premier volume, qui contient la vie de notre Bienheureux Père, lorsqu'il fut arrêté par une grave maladie et réduit en peu de temps