‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 250 sur 331 · XVII MAI. — P. MARIANO PONGELLI · texte numérisé non relu

XVII MAI. — P. MARIANO PONGELLI

à la dernière extrémité. Presque tous le tenaient déjà pour désespéré. Le P. Orlandini ne perdit pas courage ; il espéra que saint Ignace viendrait à son aide et lui donnerait assez de vie pour achever son œuvre ; et en effet, il recouvra bientôt ses forces et conduisit à son ternie le beau monument qu'il avait commencé d'élever à la mémoire de notre Bienheureux Père et de ses premiers compagnons. La tendre piété du P. Orlandini, l'aménité de son caractère, la candeur de son âme, sa parfaite régularité le firent aimer de Dieu et des hommes. Nos historiens ont tracé de lui cet éloge très glorieux dans sa brièveté : « Religiosx disciplinée perdiligens fuit ; et ut in. vita, sic accuratus in stylo y. Il mourut à l'âge de cinquante-deux ans, dont il avait passé trente-quatre dans la Compagnie.

Saccihnus, Histor. Societ. Jes., t. 1, Prologus. — Sotuellxjs, Biblioth., p. 633. — Patrignani, MenoL, 17 magg., p. 123. — Santagata, Istnria délia Provinc. di Napoli, t. 3, p. 244. — Drews, Fasti Soc, 17^ maii, p. 188. — Guidée, Ménol. ms., p. 161. — de Backer, Biblioth., V édit., t. i, p. 526.

* Lé dix-septième jour de mai, l'an 1775, mourut à Santa-Natoglia, sa patrie, dans le diocèse de Camerino, le P. Mariano Pon- GELLi, à qui ses contemporains ont rendu ce beau témoignage qu'il avait été constamment parfait depuis sa première entrée au noviciat de Saint-André jusqu'à sa bienheureuse mort. C'était au reste la résolution qu'il avait prise, animé par les exemples du

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P. Cataldo Pongelli, son grand-oncle, dont la réputation de sainteté était encore vivante dans la Province. Pour mieux garder ses règles, il les avait toutes apprises par cœur ; il fut si fidèle à les observer, que ses compagnons, nu\lgré la plus vigilante attention, ne purent le surprendre une seule fois en défaut. Aussi son Maître, le P. Jérôme Ridolfî, n'hésitait-il pas à le proposer « comme le parfait modèle d'un vrai novice de la Compagnie ». Mariano Pongelli ne perdit rien de sa ferveur au temps des études. De longues années après, quand on voulait désigner au Collège Romain un religieux d'une exactitude scrupuleuse à tous ses devoirs, il était comme passé en proverbe de dire : « C'est un autre Pongelli » et l'on rappelait une parole par laquelle le saint jeune liomme s'armait lui-même contre toute défaillance et tout respect humain : « Volo f'ocer(i officiuin meuni ; je veux remplir mon devoir ».

Son humilité lui avait toujours fait appréhender les charges ; mais son mérite et sa vertu ne tardèrent pas à l'y élever. Compagnon du Père Provincial, Recteur de la maison de probation à Florence, Provincial, Recteur du Séminaire et du Collège Romain, Père spirituel des juvénistes de Saint-André, des élèves du Collège Germanique, et enfin Recteur du collège des Maronites, le P. Pongelli se montra partout fidèle à lui-même. Jamais , dit son biographe, la discipline religieuse ne resplendit d'un plus vif éclat que sous son gouvernement. La délicatesse de sa conscience et la haute idée qu'il s'était faite de son devoir et de sa responsabilité devant Dieu et devant la Compagnie, ne lui permettaient de se prêter à aucun relâchement dans l'observation entière de la règle. Au reste, il donnait lui-même l'exemple, et était le premier à tous

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les exercices communs. S'il lui fallait reprendre ou corriger ([ue!qu'un de ses inférieurs, il le faisait avec une prudence, une mesure, une délicatesse qui ne laissaient nulle amertume dans le cœur du coupable, et l'animaient seulement à se montrer plus digne de Notre-Seigncur et de sa vocation.

La charité du P. Pongelli était sans bornes. Dans l'administration des biens temporels, remarque encore son biographe, il avait pour premier principe, non d'amasser de grandes sommes ni d'élever de beaux édifices peu nécessaires, dont on lui ferait honneur après sa sortie de charge, mais de bien traiter sa communauté, afin que tous s'employassent allègrement au service de Dieu. Sa sollicitude sur ce point était sans cesse en éveil ; lui-même visitait les chambres, et s'il s'apercevait (jue qucl([ue chose manquât au moindre des siens, il le lui faisait porter d'ofiiee, avec ordre de ne point le refuser. Rempli d'une admirable confiance en la Providence, il ne voulait pas que l'état moins florissant de certains collèges fut une raison de rien retrancher non seulement aux choses nécessaires, mais môme aux petites douceurs et menues superfluités, consacrées par l'usage, les jours de fête. Le P. Pongelli n'était sévère que pour lui-même ; et ce digne imitateur de la charité de saint Ignace, qui se mettait au service de tous ses frères, ne souffrait les services de personne.

Il exerçait depuis quelques mois à peine la charge de Recteur du collège Maronite, lorsque parut le Bref de Clément Xl\ . Il lui fut intimé par un jeune prélat avec une dureté qui aurait révolté vme âme moins habituée à reconnaître en toute chose la très sainte et très adorable volonté de Dieu. Le P. Pongelli se retira dans sa famille, où il acheva de se sanctifier par la prière, l'étu-

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de, les exercices de la pénitence et l'assistance des malades ; et il s'endormit doucement dans le Seigneur, à l'âge de soixante-douze ans ; il en avait passé cinquante dans la Compagnie, à l'époque de la suppression.

Vita ( ms. ) del P. Mariano Pongelli délia Provincia Romana {Archiv. Rom ).

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