‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 251 sur 331 · XVIII MAI · texte numérisé non relu

XVIII MAI

Le dix-huitième jour de mai de l'an 1773, mourut au Collège Romaiu, trois mois seulement avant la destruction de la Compagnie, le P. Jérôme Lagomarsini, génois, proclamé à juste titre par Morcelli le premier des écrivains latins du dix-huitième siècle. Ses ouvrages sont pleins des plus curieux détails sur les travaux et les méthodes d'enseignement de nos anciens Pères. 11 les défendit avec autant d'éclat que de succès et de zèle contre l'envahissement successif des idées modernes ; beaucoup des plus savants italiens de son temps se faisaient gloire d'être ses amis ou ses élèves. Quand il vit que rien ne pouvait plus arrêter l'orage déchaîné contre la Compagnie, le P. Lagomarsini pria Notre-Seigneur de lui épargner du moins la douleur d'assister à un si cruel désastre. Il fut exaucé, et bien des fois on l'entendit répéter sur son lit de mort, en pressant contre son cœur et sur ses lèvres cet habit religieux ([u'il portait depuis soixanle-et-un ans : « Gaudiuni meuni nenio follet a me ; nul ne m'enlèvera ce qui fait ma joie ».

Maz/ol\ri, De Vita et Studiis Hier. Lagomarsini. — Moucelli, Inscription., t. 4, p. 101. — G\balleho, Bibliotli. supplein. 1""", p. 169.— DE Backkh, Biblioth.,, V'^ edit., t. 4, p 321. — Biogr. univers. — Feller, Dictionn. histor., t. 4, /;. 23.

578 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

* Le tlix-huitième jour de mai Je l'an 1630, le F. François Sme- RALDo donna joyeusement sa vie au service des pestiférés. Avant même son entrée dans la Compag-nie à l'àg-e de dix-huit ans, il avait caressé la pensée d'aller un jour porter la bonne nouvelle aux peuples de l'Orient, et comme pour s'animer à cette glorieuse entreprise, il avait changé son nom de Sciarra en celui de l'apotre des Indes ; mais surtout il s'élait ellorcé de garder intacte la pureté de son àme, qu'aucune faute grave ne ternit jamais. Devenu religieux de la Compagnie, sa ferA^eur r.e fit que s'accroître ; novice, régent dans les collèges, étudiant eu philosophie et en théologie, sa modestie, son aimable simplicité, sa candeur lui méritèrent partout le nom d'ange. Quand éclata la terrible peste de Parme, il obtint de consacrer aux malades et aux moribonds les forces et la vie qu'il s'était offert à dépenser dans les missions lointaines. Notre-Seigneur agréa son sacrifice et, en échange de la couronne des apôtres, lui donna la palme glorieuse des martyrs de la charité. Le F. Smeraldo n'avait que vingt-neuf ans ; il en avait passé onze dans la Compagnie.

CoRDARv, Histor. Societ. Jes., part. Ga, /. 15, n. l.'J, p. 352. — Ale- GAMBE, Ileroes et Viclini. C/iarit., anno 1630, p. 295.

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