‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 26 sur 331 · XV JANVIER. — P. NICOLAS PISCICELI · texte numérisé non relu

XV JANVIER. — P. NICOLAS PISCICELI

limes. Il demanda d'ètro envoyé dans les Indes. Mais son nom, ses talents, ses vertus firent jni>er aux supérieurs qu'il rendrait plus de services en Italie, et ils le retinrent auprès d'eux. L(! P. Tolomei se soumit, sans renojKHr à l'espoii- de partager un jour les fatigues des missionnaires, i^n attendant, il s'appliqua généreusement à les imiter en Europe, par la prière, la mortification, le mépris de lui-même et de ses aises, et quand il le pouvait, par l'exercice du ministère apostolique. (k>pendant il ne se lassait point de renouveler ses instances; chaque année, pendant vingt ans de suite, il revint à la charge, avec une persévérance héroïque. Enfin les supérieurs craignirent de s'opposer à la volonté de Dieu, en résistant plus longtemps, et ils lui accordèrent la permission si ardemment sollicitée.

Le P. Tolomei s'embarqua plein de joie, n'aspirant qu'à dilater au loin le royaume de Jésus-Christ. Mais Dieu se contenta de la bonne volonté de son serviteur. Au moment où il mettait le pied sur cette lerre, objet d'une si longue attente, il fut attaqué d'une fièvre maligne, et il expira bientôt, sacrifiant d'un cœur magnanime au bon plaisir divin sa vie et ses plus chers désirs d'apostolat.

Pathignani. MenoL. 15 Oenn. , p. 144.

Le quinzième jour de janvier de l'an 1709, le P. Nicolas Pisci- CELLi mourut à Rome, au milieu des juvénistes dont il était le Père spirituel. L'auteur de sa notice dit qu'on peut lui appliquer l'éloge de l'Evangile : « Vir poiens in opère et sermon e « ; ( Luc, 24-19 )

78 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iïALIE.

Recteur du collège de Barletta, du noviciat de Saint-André, du Séminaire Romain, Substitut d'Italie, Instructeur des Pères du troisième an, Directeur de la cong-régation des nobles à Naples, et enfin Père spirituel des juvénistes à Home ; partout il se montra digne de ce beau panégyrique.

Sa parole dans les exhortations communes, qu'il eut si souvent occasion de faire aux Nôtres, avait une énergie extraordinaire et laissait toujours des impressions profondes ; dans les entretiens particuliers, elle s'adaptait, comme celle de saint Ignace, avec un art merveilleux, au caractère et aux dispositions de chacun, tour à tour douce ou sévère, tendre ou terrible. Nul n'était plus circonspecl, plus attentif à ne rien dire qui put blesser la charité, plus jaloux de la bonne réputation de tous. Le P. Piscicelli avait apporté à la religion toute la fleur de l'innocence baptismale, et il n'en ternit jamais l'éclat. Mais à cette pureté d'un ange, il joignait l'humilité d'un pécheur. C'était l'unique vertu, disait-il, à laquelle il pûl prétendre dans son extrême misère. Il rendait grâces à Dieu de ses infirmités, qui avaient coupé les ailes à tous les désirs ambitieux, et l'avaient retenu dans des emplois moins exposés au bruit et à l'éclat. Chaque jour il consacrait de longues heures h la prière ; nul titre ne lui paraissait plus beau que celui d'homme d'oraison.

De violentes douleurs de tête et d'entrailles ne lui laissaient presque pas un moment de répit ; il s'était habitué h vivre avec elles et n'y prenait plus garde. Vers la fin de sa vie, ses souffrances s'aggravèrent encore et devinrent générales ; à peine lui restait-il un membre qui n'eût son tourment. Il se réjouissait d'avoir cette ressemblance avec Jésus-Christ : « 0 mes Pères, disait-il, remerciez

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avec moi Notre-Seigneur qui me façonne ainsi peu à peu avec le marteau de sa croix » . Quand il lui survenait quelque crise plus aiguë : « Oh ! le précieux moment, répétait-il ; quelle grâce de boire quelques gouttes au calice du Sauveur ! » 11 mourut tenant ses yeux attachés sur l'image de Jésus crucifié. 11 avait cinquante-sept ans, et en avait passé trente-sept dans la Compagnie.

Franc. Tutu, Brevi Raggiiagli. . , p. 110 et suiv. — Patiugnani, Menol. , 15 Genn. , p. 146. — Mazzolari, Comment, et Ellogia., p. 144.

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