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Le seizième jour de janvier de l'an 1620, mourut h Rome le l*. E'riENNr, Benassai, victime de sa charité au service des pestiférés. Avant d'embrasser la vie religieuse, il jouissait à la cour romaine d'une haute réputation de science et de vertu, et le Souverain Pontife Paul V avait même voulu le créer archevêque ; mais le serviteur de Dieu refusa sans hésiter cet honneur, et lui préféra l'humble obéissance des novices de la Compagnie. Il espérait obtenir l'obscur et périlleux apostolat des chrétiens disséminés dans l'empire Turc, et à l'âge de près de cinquante ans, il avait appris la langue illyrienne. Kn même temps, il faisait le catéchisme à des troupes de Bohémiens, lorsque l'on apprit à Rome que la peste venait d'éclater sur les galères pontificales à Cività-Vecchia. lUicnnc Benassaï partit aussitôt à pied pour se dévouer à leur service. Mais tout en assistant les malades, il s'attachait surtout à instruire, et à ne pas laisser mourir sans baptême les pauvres esclaves Turcs, entassés en grand nombre sur les vaisseaux. Mortellement frappé à son tour, il fut rapporté au Collège Romain. Dans les dernières heures de sa vie, il ne cessait do répéter avec transport: «0 quel bonheur! mes frères, quel bonheur d'aller en paradis» ! Au milieu de la nuit où il
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expira, un religieux du noviciat de Saint-André, fut ioul h coup réveillé par une vive lumière ; il vit distinctement le serviteur de Dieu couronné de g-loire, le visage riant, le corps vêtu d'une robe blanche symbole de la pureté de son ame ; et le lendemain il apprit qu'à la même heure le P. Benassaï avait rendu son nmc à Dieu.
CoRDAUA, Hiator. Soc. Jes., part. 6, liù. .5, n. 3, p. 228. — i'ANNEn, Soc. Jes. apostol. imitai. , p. ■)23. — P.vtiugnani, Menai. , 16 Geiin. , p. l.'iO. — • Na.- DAsi, ^4n/j. (lier, mcmnr. , \%^ Jan.-y-p. oO. — 1d., Pretio.<iff ofcupatioiics marient, in Soc. Jes. . c. 2,>, /;. 208. — Dhkws, Fnsti Sac Je.^. . lO Jan. , p. 21.
* Le seizième jour de janvier de l'an 16o('), mourut ii Méliaponr, sur la côte de Coromandel, le V. Hobkkt de' Ngbii.i, d'une illustre famille de Monlepulciano, en Toscane, « l'un des plus grands missionnaires, écrit un de ses compagnons d'apostolat, qu'ail eus la Compagnie de .Jésus ». Appelé de bonne heure parmi les enfants de saint Ignace, mais longtemps retenu par les siens, il s'enfuil secrètement et fut admis au noviciat de Naples, à l'Age de vingt ans. Le Maître des novices était alors le célèbre P. Nicolas Orlandino. Il prédit au jeune homme qu'il ferait un jour de grandes choses dans les Indes pour la gloire de Dieu. Vax elfet, ses études à peine terminées, Robert de' Nobili demanda les missions d'Orient, et vainqueur de toutes les oppositions de sa famille, il débarqua plein de joie à Goa, à l'Age de vingt-six ans, et fut envoyé dans la mission du Madiirc-, qui le vénère à bon droil comme son père et son fondateur.
82 MÉNOLOGE S. .1. ASSISTANCE d'iTALIE.
On sait à quel genre <lo vie, véritablement effrayant pour la nature, le nouvel apôtre se condamna, pendant plus de quarante ans, par amour des âmes. Pour triompher des obstacles qu'opposaient à la conversion des brahmes les préventions de cette caste contre les usages des Européens, il prit les mœurs, le langage, le costume des Saniassis, et s'assujettit à toutes leurs austérités ; il s'engagea par vœu à ne plus boire de vin, à ne manger ni chair ni poisson, et ;i se contenter de riz, de légumes, de lait et de beurre; et encore, vers la lin de sa vie, trouvant ([ue c'étaient des délices iimtiles, il se réduisit à une petite quantité d'herbes amères cuites à l'eau, et à peine assaisonnées avec un peu de sel et quelques épices. De nombreuses et consolantes conversions le récompensèreni de celte héroïque résolution ; l'église des brahmes fut fondée au Maduré, au sein même de l'idolâtrie. Mais en môme temps, il eut à essuyer bien des contradictions de la part des plus doctes personnages, aux Indes et en Europe, et en particulier du Vénérable cardinal Robert Bellarmin, son parent. Tout le monde semblait conjuré contre lui, les archevêques de Cranganor et de Goa, les inquisiteurs des Indes, et ses frères mômes en religion. Il se justifia dans un savant mémoire, et un Bref de Grégoire XV lui donna gain de cause, au moins, disait le Souverain Pontife « jusqu'à ce que l'affaire puisse être décidée et à jamais établie, doTiec res decerni et, in perpetuinn constitui valeat ».
A l'apostolat de la pénitence et de la parole, le P. de' Nobili joignait celui de la plume ; il possédait à fond les trois langues principales en usage dans ces pays, le tamoul, le badaga, et le malabare ; il composa dans ces langues des ouvrages de controverse et de piété, « admirables pour le fond, dit un missionnaire
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contemporain, et dont lo style, au jugement des Indiens les plus savants, est d'une perfection classicpie ; ils produisent tous les jours des fruits merveilleux parmi les payens, qu'ils convertissent en grand nombre, et parmi les chrétiens et les catéchisles, qu'ils instruisent el conduisent efficacement à la prali(pm de toutes les vertus ».
Atteint d'une cécité presque complète, le !'. de' Nobili, sur l'ordre des supérieurs, dut abandonner son cher troupeau. Il se; retira d'abord dans une j)cti(e résidence de l'île de Geylan, et comme son zèle toujours actif ne pouvait se résigner au repos, il fut appelé à Méliapour ; c'est là qu'il passa les cinq dernières années de sa vie dans la prière, la {)énitence et la composition de divers ouvrages. Il s'éteignit plein de mérites à l'âge de (fuatre-vingts ans ; son tombeau est encore aujourd'hui l'objel de la vénération des Indiens.
JuvENCius, Histor. Socief. Jesu, part. 5a, liù. 18, un. \(S seqq. .p. 493 seqq. — Cordaha, tlistor. Soc. Jcs., part. G» , lib. ;», nn. 108 sc.qq. , p. 165 scqq. : liù. G, /i/i. Ml scqq. . />. oiO seqq. ; lib. 8, itii. 113 seqq., p. 'i;')! ; lib. 12, nu. 112 seqq., p. \'.\\ seqq. ; lib. 15. itn. 300 seqq.. p. 426 seqq. — Sotuiîi.t.us, liiblioth. Scriptor. Soe. Jes. , p. 724. ~ dk FiACiCEi;, Bibliothèque ... . i^" edit., t. 4, p. 474 et suiv. — Nadasi, .inn. dier. memornb., %\.i^ janunr. , p. 57. — Drews, Fasli Soc. Jes.. Hi'^ /anuar., p. 21. — Cassani, ] aroiies iliistres, t. 2, /;. 527 et suiv. — ScniNOsi^ Istoria délia Provinc. di Napoli, i. 2, p. .■Î43 el suiv. — • Sanïacjata, 1storia délia Provinc. di Napoli, t. 3, p. 218 et suiv.. p. 39 'i cl suii'. ; t. h, p. 110 et suiv. --■ P. Proe.\z\, Lettre au R. P. Goswin Nickel, Cf. Bertrand, La Mission du Maduré, t. 3, /;. 1 10 et suiv. — Crétineau- JoLY, Hisl. de la Comp. de Jes. , t. 3, p. 196 et suiv. — Biographie univers. , supplém.. t. 75, p. 417. — Lettres edif. , edit. 1781, /. 10, p. 72.