‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 266 sur 331 · XXV MAI. — P. VINCENT LAVAGI. 60S · texte numérisé non relu

XXV MAI. — P. VINCENT LAVAGI. 60S

si , n'offrent de remarquable qu'une constante fidélité h toutes nos règles et à toutes nos observances. Ministre pendant vingthuit ans, il exerça ce délicat emploi sans rigidité, mais aussi sans faiblesse et sans respect humain.

Le principe de cette vénération et pour ainsi dire de ce culte pour nos règles, c'était l'esprit de foi. Le P. Franceschino ne voyait en elles que la volonté de Dieu. Dieu était sans cesse présent à sa pensée. Pour être moins exposé à en perdre le souvenir, il avait écrit en grands caractères dans sa chambre les initiales de ces deux mots : Deus adest. Cette vue continuelle de Dieu composait son visage, ses yeux, le ton de sa voix, sa démarche, toute sa personne ; et ainsi, selon la promesse divine, il s'éleva à une très haute perfection. II mourut dans la soixante-douzième année de son âge.

Nadasi, Annus dieruni memor., 25* maii, p. 284.

* Le vingt-cinquième jour de mai de l'an 1661, mourut au collège de Païenne le P. Vincent Lavagi, dont l'Histoire de la Province de Sicile par le P. Aguilera fait ce bel éloge, qu'il était un grand prédicateur, un grand directeur des âmes et un grand saint. 11 fut appliqué d'abord au ministère de la chaire. Il y apportait, avec un ardent désir de faire connaître et aimer Jésus- Christ, des qualités naturelles éminentes, une parole agréable, distinguée, pleine de doctrine et d'onction. Après le Vén. P. Louis La Nuza, peu d'orateurs furent plus goûtés et plus appréciés.

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Souvent dès l'aube du jour, les portes des églises où il devait prêcher, étaient assiégées par une foule nombreuse, avide de l'entendre.

Dans la charge de supérieur, le P. Lavagi ne rendit pas moins de services à la Compagnie. Dieu l'avait pourvu d'un admirable tempérament de force et de douceur, qui lui gagnait tous les cœurs et obtenait sans effort l'observation de la règle et quelquefois les plus pénibles sacrifices. C'est dans l'importante fonction de Maître des novices qu'il déplo3'a surtout ses merveilleuses aptitudes. Jamais, dit le P. Aguilera, nous ne pourrons reconnaître assez les services qu'il a rendus à la Province de Sicile. Formé à l'école des PP. Pierre Villafrate et Joseph Romano, maîtres habiles dans la vie spirituelle, il avait hérité de leur esprit et il le fit revivre. Une de ses préoccupations principales était le choix des sujets ; il mettait dans cette affaire délicate une sagesse, une circonspection, une sévérité qui auraient pu paraître excessives ; il craignait moins, dit son historien, la pénurie que la foule ; il aimait mieux rebuter et exclure dès le début ceux qui n'avaient pas les qualités requises que de s'exposer à les renvoyer plus tard ; à ses yeux, la Compagnie n'a que faire de ces gens qui la regardent comme une hôtellerie où l'on séjourne plus ou moins longtemps ; elle veut des hommes résolus à rester avec elle jusqu'au dernier soupir. Aussi a-t-on remarqué à la louange du P. Lavagi, qu'aucun de ses novices ne lui demanda jamais sa démission, et que tous devinrent dans la suite des religieux d'une solide vertu.

Six années avant sa mort, les supérieurs durent le relever de cet emploi, que ses forces trop affaiblies ne lui permettaient plus

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