‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 276 sur 331 · XXIX MAI · texte numérisé non relu

XXIX MAI

Le vingt-neuvième jour de mai de l'an 1681, mourut à Cologne le F. Coadjuteur Jacques Bugnugmo, sicilien. C'était un ancien soldat, d'une rare générosité à se vaincre. Tout ce qui pouvait plus étroitement l'unir à Jésus-Christ, en l'abaissant et en le crucifiant, semblait faire ses délices. Il accueillait les avis et les reproches les plus sévères avec une très vive reconnaissance, et priait avec un redoublement de ferveur pour tous ceux dont il recevait, disait-il, un bienfait si grand. La rigueur et la durée de ses flagellations remplissaient de compassion et d'une sorte d'effroi ceux qui les entendaient des chambres voisines. Et toutefois cette ardeur à partager les souffrances du Sauveur dans sa Passion, était jointe à une admirable innocence. Bien des années avant sa mort, le F. Buonuomo, ne trouvant à se reprocher aucune infidélité volontaire, en était réduit à s'accuser, aux pieds de son confesseur, de quelque faute de son ancienne vie.

Les jours de fêtes et de dimanches, tout son repos était de prier. Il lui arrivait de réciter jusqu'à sept ou huit fois le rosaire tout entier, suppliant la très sainte Vierge à chaque Ai^e Maria, d'enrichir son âme ou celles de ses frères, de telle vertu en particulier. Aussi la grâce de ses prières et de ses paroles semblait-

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elle toute-puissante sur les cœurs, pour leur inspirer l'amour de la sainteté. Il avait acquis peu à peu une merveilleuse facilité de produire en toute rencontre des actes intérieurs de vertu, sans rien perdre de l'attention due à son office. Parmi les saintes industries qu'il employait pour se rappeler sans cesse la présence de Notre- Seigneur, et s'exciter à l'imiter, le F. Buonuomo portait toujours sur son cœur un petit crucifix, à l'exemple du P. Simon Rodriguez ; il le pressait si souvent et avec tant d'amour, qu'il en grava la trace dans sa chair, comme il désirait en exprimer l'image dans toute sa vie.

Litter. Ann. Societ. Jes., ann. 1651, p. 214. — N.4.dasi, Ann. dier. memor., 29" maii, p. 289.

* Le vingt-neuvième jour de mai de l'an 1643, mourut à Palerme le P. Joseph Agostini, en haute réputation de science et de vertu. Après avoir enseigné la philosophie au Collège Romain, il fut envoyé en France, où il occupa la chaire de théologie à Lyon et à Avignon. Au témoignage d'un auteur étranger à la Compagnie, Antonin Mongitore, dans sa Bibliothèque des écrivains de la Sicile, une telle affluence se pressait à ses cours, que l'enceinte ordinaire des classes se trouvant trop étroite, il devait se transporter dans les églises. L'excès de la fatigue l'obligea de revenir en Italie ; mais dès qu'il eût recouvré ses forces, il reprit ses leçons ; il fut ensuite chargé de la préfecture générale des études au grand collège de Palerme. Dans cette fonction importante, qu'il exerça dix-neuf ans, il était l'oracle non seulement du collège,

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