XXXI MAI. V. PHILIPPE NOÏO
Le trente-et-unième jour de mai, lisons-nous dans notre ancien Ménologe français, rappel!»; 1(? souvenir de la sainte mort <Iu r. Philippe Noto, arrivée à Messine l'an 1722. .'\vant son entrée dans l;i ('ompagnit;, il avait été prédicateur et missionnaire. La première fois qu'il parut au réfectoire, ayant entendu lire l'éloge d'un missionnaire de la (iompagnie, il sentit se r(>veiller cet attrait pour les missions auxquels il s'était livré autrefois. Mais les supérieurs, pour l'aider à s'établir solidement <lans l'humilité, lui tirent, avant la lin de son noviciat, enseigner une (dasse de grammaire dans un collège. Il s'acquitta de cet em[)loi avec tant de zèle et de dc'-voueinent, t[u'aussitot après ses premiers vœux on rap[)liqua aux missions. On vit alors briller dans le P. Noto les vertus d'un ap«Jtre, c'est-à-dire, un grand esprit de pauvreté et une charité à l'épreuve de toutes les fatigues. Il [)arcourut plusieurs fois les trois vallées de la Sicile, annonvaut la parole de Dieu avec force, et sachant en même temps se mettre à la portée des plus simples pour les instruire. Il passait ordinairement une partie de la nuit à entendre les i'onfessions, et dans l'ardeur «le son zèle, il oubliait souvent de prendre la nourriture et le repos dont il avait besoin. Aux travaux inséparables des fonctions <le missionnaire, il ajouiait de rudes pénitences, des jetines, des veilles et d'autres macérations corporelles.
Les besoins du collège de lîivona déterminèrent le P. Thyrse Gonzalez à l'en nommer Recteur, et il remplit en même temps dans la ville l'office de prédicateur. Appelé ensuite à Messine, le P. Noto fut tout à la fois Ministre de la maison professe, et ou-
628 MKNOLOGK S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
vrier infatigable entre les mains du supérieur. De la maison professe, il passa au noviciat. Il y fut pendant dix-sept ans Ministre et Compagnon du Maître des novices, qui l'avait demandé instamment au P. Provincial, à cause du tendre respect qu'il lui portait, et ne cessa de remplir ce double emploi que la dernière année de sa vie. Pendant ces dix-huit ans, sa présence fut au noviciat comme un miroir vivant de toutes les vertus. Knfin, plein de jours et de mérites, le P. Noto alla en recevoir la récompense à l'âge de quatre-vingt-huit ans, dont il avait passé cinquante dans la Compagnie.
GciDÉE, Menologe, :M maL />■ 17(j. — Patkignani, Menai., 31 magg^ p. 218. — Mazzolari, Comment, et Ellngia, p. làO.
* Le Irente-et-iînième jour de mai de l'an 1658 mourut au collège Sainte-Lucie, à Bologne, le V. Nicolas Trf.cchi, Scolastique, modèle d'abnégation et de fidélité à la règle. Pendant sa régence, sa modestie, sa ferveur, l'esprit surnaturel qui jaillissait de ses paroles et de toute sa personne gagnèrent à Dieu et à la vu- religieuse un grand nombre de jeunes écoliers. Son attrait l'entraînait vers la mortification. Se tlageller tous les jours, porter continuellement un rude ciliée, couchei- sur la planche, souffrir pendant l'hiver la rigueur du froid, mettre du liel dans sa bouche le mercredi et le samedi avant le repas, mais surtout passer pour un esprit médiocre et sans portée, voir rire à ses dépens quand, il lui échappait en classe quelque, réponse naïve ou hors de pro: