I*-^ JUIN
Le premier jour de juin de l'an 4624, mourut à Malte, en odeur de sainteté, le P. Lucius Bonelli, vénéré comme le père des |m';cheurs et des pauvres. Il était né à Gozzo, petite ile dont les misérables habitants ne connaissaient guère du christianisme ({ue le nom. Malgré sa jeunesse, il avait paru digne à ses supérieurs d'un si difficile apostolat ; il gagna tellement le caur de tout ce peuple par son dévouement, ses entretiens fanviliers et ses catéchismes, que le Recteur du collège de Malte écrivait en résumant les travaux de cet héroïque missionnaire : « Anne tandem Christum didicisse pal ont. onines profitcntur ; maintenant
632 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
enfin tous ces pauvres gens se font gloire de connaître Jésus- Christ ».
Agiiilkha, Histor. Provinc. Sicul. , t. 2, p. 186.
Le premier jour de juin, moururent victimes de leur charité au service des pestiférés le P. Léonard Santangiolo Recteur du collège de Catanzaro en iS92, et à Parme en 1630 le P. André Barpi, vénitien.
I^e P. Santangiolo, à la tête de tous ses inférieurs sans exception, avait engagé une lutte vraiment héroïque contre le double tléau de la famine et de la peste. Les uns mendiaient de porte en porte le pain des pauvres et des prisonniers ; les autres portaient aux moribonds les derniers secours de l'Eglise. En peu de jours, la mortalité enleva jusqu'à deux mille personnes dans la petite cité. Plus d'une fois le collège demeura entièrement désert, tous les Nôtres étant occupés auprès des malades et des indigents. Le successeur du P. Santangiolo, le P. François Morano, hérita de son dévouement, et huit jours après, il partagea le même trépas el \a môme couronne.
Le P. André Barpi s'était presque vu arracher des mains cette glorieuse palme de la charité. Lorsque la peste éclata dans la ville de Parme, où il dirigeait depuis^ sept ans, comme Recteur, le séminaire des nobles, il reçut soudain Tordre d'aller prendre au plus tôt le gouvernement du collège de Forli. Ce fut un rude sacrifice que l'obéissance seule put lui faire accepter. Mais toutes
I"" JUIN. P. ANDRÉ BARPI. 6-33
les routes étaient fermées il ne put se rendre à Forli. Remerciant Dieu (le cet heureux contretemps, il revint chercher au lit des mourants le poste qu'il avait si généreusement abandonné.
Jusqu'à l'âge de vingt-deux ans, André Barpi s'était livré à tous les enchantements du monde; mais dans une querelle d'étudiant, il fut atteint et gravement blessé à la jambe d'un coup de feu. Pendant que son mal le retenait sur un lit de douleurs, comme autrefois notre Bienheureux Père, il réfléchit si sérieusement sur la vanité des choses humaines, que les vingt-six années qu'il vécut encoi'e, furent, au témoignage unanime de ses historiens, un perpétuel enchaînement des actes les plus magnanimes de pénitence, de victoires sur lui-même et d'union de cœur avec Jésus Christ.
P. Léonaud Santangiolo. — Litter. Ann. Soc, ann. 1592, p. 2ô. — Alegambe, Viclini. c/iarit., ann. 1592, p. 95. — Schinosi, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. % p. 204.
P. Andivé Barpi. — Cordara, Histor. Soc. Jes. , part. 6* , l. 15, n. 13, p. 352. — Ai.EGAMnE, Victini. charil., unno 1630, p. 300. — Nadasi, Ann, dier. mernor., I* /un., p. 293. — Drews, Fa.'iti Soc, I» /un., p. 209.