‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 287 sur 331 · V JUIN · texte numérisé non relu

V JUIN

Le cinquième jour de juin de l'an 1667, mourut saintement à Rome le P. Sforza Pallavicino, cardinal de la sainte Église Romaine, contraint sous peine de péché mortel, par le Souverain Pontife Alexandre VII, de recevoir ces mêmes honneurs dont il avait prétendu s'interdire l'accès en entrant dans la Gompagiiio. Issu des deux familles princières dont il réunissait les noms, et destiné par son droit d'aînesse à toutes les grandeurs humaines, il y renonça d'abord, pour consacrer à Dieu sa vie et sa chasteté par le sacerdoce; puis rapidement élevé par Urbain VIII à d'importants offices de la cour pontificale, et déjà gouverneur des villes de Jesi, Camerino et Orvieto, il choisit en 1637 la fête du bienheureux Louis de Gonzague, pour aller, à l'âge de trente ans, ensevelir toutes ses espérances dans le noviciat de Saint-André. Ce fut un étonnant spectacle pour la ville de Rome, que de voir ce jeune prince se mêler aux pauvres dans les rues , manger avec eux les restes qu'on leur distribuait par aumône, ou tendre la main de porte en porte à ceux qui l'avaient vu naguère si riche et si brillant. Plus il sentait alors les répugnances de la nature, plus il jugeait à bon droit nécessaire, afin de parvenir un jour à la perfection religieuse, de s'établir dans un amour sincère et pra-

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tique des humiliations de Jésus-Christ; cet amour ne l'abandonna jamais dans la suite. Aussi dans les derniers jours qui précédèrent sa profession solennelle , demanda-t-il la permission de se retirer parmi les novices, et de participer à tous leurs exercices de correction fraternelle et d'humilité.

Il remplissait la charg-e de préfet des études au Collège Romain, et venait d'achever sa belle Histoire du Concile de Trente, accueillie par les amis et par beaucoup d'ennemis même de VKglise comme un chef-d'œuvre, lorsqu'il lui fallut accepter la pourpre romaine. Mais huit ans plus tard, sur son lit de mort, recevant le saint viatique des mains du P. Général, Jean-Paul Oliva, le P. Sforza Pallavicino sollicitait comme dernière grâce d'être enterré parmi les novices ; il conjurait les prélats réunis autour de lui de ne jamais prêter l'oreille aux calonnies' soulevées par l'enfer contre les enfants de saint Ignace: «Au moment de paraître devant Dieu, je proteste, ajoutait-il, que la Compagnie est un asile et une école de sainteté, oit je ne balancerais pas à me réfugier, si le choix dépendait encore de moi ! »

Aiio, Vàa del Cardia. S/'orza Pallanvinu. . . Cf. C.vr.vyon, Bibliographe histor. , n. 23G3. — Sotuellus, Bibliotli., p. ITi . — ue B.vckek, Bibliuth., P" édit., t. 3, p. 5.jl. — P.vTiïiGxvNi, Menai., f» giugno, p. 20. — DnEws, Fasti Soc, A^ ju/>. , p. 213. — Felleh, Dictionn. histor., t. 4, p. 690. — Bio"r. univers.

Le cinquième jour de juin de l'an 1613, mourut à Turin le P. BERNARDi>f RosiGNUOLi, modèle parfait des supérieurs dans le gouvernement des trois Provinces de Rome, de Venise, de Milan,

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et l'un des plus habiles maîtres de la vie spirituelle, comme le témoignent encore ses deux remarquables ouvrages : La discipline de la Perfection chrétienne et Les actes des vertus. Du reste, Notre- Seigneur voulut rendre lui-même un double témoignage à la sainteté de son serviteur. Car au moment où le P. Rosignuoli expirait, le P. Joseph Alemanni, ainsi qu'il l'attesta dans une lettre écrite au P. Mutins Vitclleschi, alors Assistant d'Italie, vit son âme s'élever au ciel sous la forme d'un globe de lumière. Cinq ans plus tard, on ouvrit le sépulcre de l'homme de Dieu ; son corps apparut tout entier, flexible et coloré, sans aucun outrage de la mort, comme s'il eût cessé à peine de respirer.

Patuignani, Menol. , -y giugno, p. 17. — Nadasi, Ann. dier. tnenwr., 5» /m/?,., p. 298. — SoTUELLUs, Biblioth.., p. 116. • — dk Backeb, Biblioth., 1" édit.^ t. \, p. 644. — NiKHEMBERCî, Varones ilustres, t. 1, p. 11^.

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