‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 288 sur 331 · VI JUIN · texte numérisé non relu

VI JUIN

Dans les dix premiers jours de juin, l'an 1630, dans la terrible peste qui moissonna plus de cent Pères et Frères dans la

seule Province de Venise, moururent à Parme le P. Emile Zucchi, frappé en assistant les malades du collège, et l'un de ses compagnons, le F. Coadjuteur Vincent Controni.

Le P. Zucciii était toujours prêt à se dévouer sans attendre même le signe d'un désir exprès de son supérieur. Voyant que l'on avait peine à trouver pour tous les collèges des professeurs de petits enfants, il s'était offert aussitôt à passer sa vie dans l'obscurité d'une classe. 11 y demeura en effet, jusqu'au jour où le prince de Parme le demanda et l'obtint pour faire l'éducation de son fds. Revenu avec joie, au bout de quelques années, à de plus modestes fonctions, il était chargé précisément de veiller à la santé de ses frères, lorsque le collège de Parme fut envahi par la contagion ; l'on peut à peine s'imaginer à quel degré d'abaissement et de victoire sur toutes les répugnances de la nature sa charité le faisait descendre. Qu'il nous suffise de dire, que ne pouvant obtenir pour ses chers malades, d'assez fréquentes visites du médecin, il n'hésitait pas à lui porter lui-même, plusieurs fois par jour, jusqu'aux déjections qui devaient lui permettre de reconnaître et d'adoucir au moins leur état.

648 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.

Le F. Vincent Gontroni n'était Agé que de vingt-quatre ans, et son caractère généreux, mais difficile, était pour lui la matière de rudes combats. Ne craignant rien tant que d'offenser Dieu, il choisit avec joie cette occasion de mettre son àme en sûreté par le sacrifice de sa vie. Réfectorier au collège de Plaisance, lorsque la peste éclata si furieusement h Parme, il obtint de voler sans retard au secours de ses Frères. Son premier mouvement en frappant à la porte tant désirée de cette bienheureuse maison, où il allait trouver la mort, fut de se jeter à genoux et de baiser le seuil, en remerciant Notre-Seigneur d'avoir accepté son dévouement.

Alegambe, Victim. charitat., ann. 1630, p. 301.

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