‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 296 sur 331 · XIV JUIN · texte numérisé non relu

XIV JUIN

Dans le courant du mois de juin do l'an IGlo, mourut au collège de Cliuquisaca, dans la Province du Pérou, le 1*. Jkan-Bap- TiSTE Ruiri, né à Fermo, dans la Marche d'Aucune. Lorsqu'il étudiait dans sa jeunesse, au Collège Romain, son plus agréable délassement était de suivre, dans les ruines et dans les églises de Rome, la trace des saints et des martyrs, en repassant leurs vies et en méditant leurs vertus. 11 donnait déjà les plus beaux exemples de piété à ses condisciples, et n'avait pas de plus vif désir que de verser son sang pour Jésus-Christ. Les récits des travaux et des morts glorieuses de nos premiers Pères dans l'ancien <?t le nouveau monde, faisaient une })rofonde impression sur son <'œur ; il pensa que le plus sur moyen d'arriver au terme de ses espérances, était de s'enrôler sous la même bannière ; et dès l'âge de dix-se[)t ans, il alla frapper à la porte du noviciat de Saint- André. Le P. .Vnello Oliva, son biographe, assure qu'il y rappela, par son rccucillemenl, son humilité et sa pénitence, le saint Précurseur, dont il portait le nom.

Sept ans après, avec la permission du P. Iwerard Mercurian, le P. Ruiîî s'embarqua pour les belles missions du Pérou. Il y trouva, à défaut du mortvre, une riche moisson de travaux et de croix

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pendant les trente-six dernières années de sa vie. Ses préférences étaient pour les plus malheureux, pour ceux dont la seule vue soulevait le cœur. « Comment, lui disait un jour le gouvernenr de (Ihuquisaca, témoin de cette charité héroïc[ue, comment pouvezvous supporter un lel excès d'infection »? — « Ah ! ne savez-vous ])as, lui répondit l'homme de Dieu, qne la charité embaume tout »? A un aulre ([ui lui persuadait de se ménag'cr nu peu plus en temps de maladie contagieuse : « Non certes, reprit-il, voici au contraire le moment de montrer à ces pauvres malheureux si réellement nous aimons Dieu » ! 11 se dévoua en ellet à leur service jusqu'à l'épuisemenl complet de ses forces, et ne quilla leur chevet ([ue tout mourant lui-même, pour expirer deux jours après.

Ankllo Oliva, Elosios ?/ catalosio de alsunos Vciro/ies. . . de la Provùivia dcl Fera. . . — Patiugnam, MenoL. 1 1 gùig/io, p. G2. — ALKGM\inic. Mortes illiisfre:<\ aniia 161.5, /;. t8''j.

Dans le courant du mois de juin de l'an lu3S, mourut glorieusement en Ethiopie, martyrisé par les sehismati([ucs, le P. IIyacixTiiiî Franceschi, llorentiu. 11 avait été le condisciple et l'ami d'enfance de rangéli(pie Alexandre Berti, appelé par sainte Madeleine de l'azzi, le pelit séraphin de noire collège et de nos congrégations de Morcnce. Les deux enfants s'enllaminaient d'ardeur à l'envi pour la pratique des plus belles vertus, et se préparaient ensemble ;i entrer dans la Conq)agnie. Mais le jeune Alexandre partit pour le ciel ii quatorze ans, assisté à son dernier soupir

par son ange gardien, sainte Madeleine et la très sainte Vierge; Franceschi était destiné à de plus longs et plus rudes combats.

Après treize ans de continuels travaux, sur les bords du Nil, pour la défense de la foi catholique, il fut réduit en captivité, avec deux autres missionnaires, ses compagnons, et livré comme esclave, par l'empereur d'Ethiopie, à l'un des plus féroces schismatiques de la cour. Ce misérable les faisait traîner partout à sa suite, chargés de fers ; par son ordre on les enchaînait tous les soirs au pied de son lit, sous lequel il leur fallait passer la nuit comme des chiens. Puis on les relégua tour à tour dans un désert où la faim, la soif, l'ardeur du sable et du climat leur promettaient une prompte mort, et dans une île du lac de Denibéa, où séjournaient les moines les plus hostiles à l'Eglise Romaine, que l'on choisit exprès pour leur servir de geôliers. Enfin, ne pouvant triompher de leur constance, les partisans du schisme réclamèrent à grands cris leur mort ; le P. Hyacinthe Franceschi fut pendu à un arbre, et vivant encore, achevé à coups de pierres par la populace ; il fut jeté ensuite aux oiseaux de proie et aux tigres ; mais pas un n'osa toucher ses restes sacrés.

Patrignani, Menol., 26 giugno, p. 196. — Alegambe, Mortes illustres, ■ann. 1638, p. 518, serjcj.

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