XV JUIN
Le f|uinzième jour de juin de l'an 1033, mourut saintement en Sicile le F. RocH Mannara , Coadjuteur temporel du collège de Mineo. L'obéissance, le travail et la prière furent pour ainsi dire toute sa vie. Les ordres les plus contraires et les plus difficiles pouvaient lui être donnés coup sur coup ; il n'y voyait que la très sainte volonté de Dieu, et n'épargnait aucune peine pour les accomplir. Rien ne paraissait lui coûter non plus, pour soulager d'une corvée le moindre de ses frères ; le soir il était d'ordinaire tellement brisé, qu'à peine pouvait-il se tenir debout. Mais Notre- Seigneur, avec lequel il aimait à s'entretenir durant son travail, le soutenait ; l'oraison le reposait même si doucement, qu'il lui consacrait encore au moins la moitié de la nuit. Sa chambre était la plus étroite et la plus nue, son lit le plus misérable de tout le collège ; ses richesses consistaient dans une vieille image fixée au mur et quelques instruments de pénitence tachés de sang ; car jusque dans son extrême vieillesses, il ne manquait pas >in seul jour de se llageller.
Portier du collège de Mineo, il adressait fréquemment à Dieu cette belle prière : « Ne permettez [)as. Seigneur, que je renvoie jamais un pauvre sans aumône, ou un alïîigé sans consolation » ! A. I. — T. I. — 85. 673
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Dans ses maladies, il semblait, selon l'expression d'un pieux auteur, avoir trouvé une mine d'or et ne pas sentir ses propres douleurs, tant il était sensible à la joie de ressembler mieux à Notre-Seigneur par ses soulfrances. Quand il fut au moment de rendre le dernier soupir, on crut que la très sainte Vierge venait elle-même recevoir son Ame ; car on le vit tout à coup tressaillir de joie et lever les yeux et les mains au ciel, en s'écriant doux fois : « Ma Mère ! ma Mère » ! puis comme il expirait, on puL contempler au-dessus de sa pauvre cellule une étoile d'un ravissant éclat ; la Uamme mystérieuse ne disparut même qu'après avoir brillé plusieurs jours, ainsi (juc le raconte, sur de graves témoignages, le P. Nadasi.
N.\D.vsi, Ann. (lier, menior., 15» jun., p. 316. — 1d., Pretiosœ Occupât, morient. , c. 17, n. iO. — Aguileiia, Histor. Provinc. SiciiL, t. 2, p. 277. — Alberti, Istor. délia Provinc. di Sicil., p. 660.
Le quinzième jour de juin de l'an 1577, le P. Gabriel Gocchio mourut à Messine avec la réputation d'un liomme enflammé du zèle des âmes et de la perfection religieuse. Il était regardé comme le refuge des pauvres et des pécbeurs, l'apôtre de la jeunesse et l'insigne bienfaiteur des Ordres religieux de cette ville. Les noviciats des Capucins et des lîénédictins en particulier étaient comme peuplés de ses pénitents. Mais les succès de son apostolat ne lui enflèrent jamais le cœur. Interrogé par un de nos Pères s'il n'éprouvait pas de temps en temps quelques tentations de vaine gloire ; « Gomment voulez-vous que j'en éprouve, lui répondit-il, ne