‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 299 sur 331 · XV JUIN. P. LUC ROTA · texte numérisé non relu

XV JUIN. P. LUC ROTA

de sa vie religieuse à Sienne ; et dans cette ville, qui se glorifiait déjà d'être appelée Cwitas Virglnis, on peut dire que son nom est indissolublement uni au culte et au nom de Marie. La sainte et glorieuse chapelle consacrée à Notre-Dame de Lorette, la fête solennelle célébrée chaque année en son honneur, la fondation à perpétuité de neuf lampes brCdant nuit et jour devant l'autel, le privilège accordé par Clément XI aux Pères du collège de Sienne de se conformer en tout pour l'office divin aux habitants de Lorette, furent autant de monuments du zèle de ce saint homme. Bien des années après sa mort, l'image vénérée dans le sanctuaire de Sienne était encore universellement désignée sous le nom de la Vierge du P. Rota.

Les prisonniers et les suppliciés semblaient avoir aussi les préférences de cet humble et charitable enfant de la Compagnie . Au moins cinquante condamjiés à mort lui durent leur conversion et les consolations de leurs derniers moments ; il ne les abandonnait qu'après les avoir remis entre les bras de Dieu. Pour soulager également les corps et les âmes de ceux qui languissaient dans les prisons, il établit le touchant usage de leur procurer tous les mois, avec les aumônes des fidèles, un banquet de fête et une communion générale à laquelle il les préparait d'autant mieux qu'il en était plus tendrement aimé, l'infin pour obtenir de Dieu la conversion de tous les pécheurs, et lui faire amende honorable de leurs crimes, il institua une pieuse congrégation de pénitence, à laquelle il communiqua son zèle et dont il partageait encore les flagellations publiques de chaque semaine, à l'âge de quatre-vingts ans. Le P. Rota s'endormit pieusement dans le Seigneur. Une foule immense accourut à ses funé-

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railles, jalouse de lui rendre ce témoignage solennel de gratitude et de vénération, comme au bienfaiteur et au père de la cité.

P.vTRiGNANi, Menai. , 1.5 giugno, p. 92. — Mazzoi.aiu, Comment, et ellog., p. 141.

* Le quinzième jour de juin de l'an 1713, fête du Corps de Notre-Seigneur, mourut à Sinigaglia, pendant qu'il y donnait la mission, le P. Paul Segneri le jeune, neveu de l'illustre P. Paul Segneri et son émule de zèle et de sainteté dans l'apostolat. Encore tout petit enfant , son bonheur était d'annoncer la parole de Dieu. Cet attrait ne fit que grandir avec l'Age. Novice à Saint-André, Scolastique au Collège Romain, puis régent de grammaire et d'humanités, on le vit se livrer aux œuvres alors en usage parmi les jeunes religieux de la Compagnie, catéchismes, prédications sur les places publiques, avec une ardeur et des succès qui faisaient déjà présager un orateur d'une puissance extraordinaire. Tous ses désirs comme toutes ses aptitudes l'emportaient vers les missions ; cependant il dut attendre dans la paix et le silence l'heure de Dieu ; et quand, après son sacerdoce, il fut nommé Ministre au Séminaire Romain, aucune plainte ne s'échappa de ses lèvres ; il se contenta, comme autrefois pendant sa régence, de s'appliquer les paroles de l'ange à saint Joseph : « Esto ihi usquedum dicani tibi ; restez là jusqu'à ce que je vous parle de nouveau ».

Enfin la voix tant désirée se fît entendre. Après avoir fait sa

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