‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 30 sur 331 · XX JANVIER · texte numérisé non relu

XX JANVIER

I^e vijiglième joui' de janvier de l'an 1606, mourut en odeur de saintclé, au collège de Macao, le P. Alexandre Valignani, regardé unanimement comme le plus grand homme des missions de la (îompagnie en OrienI, après saint François Xavier. Durant les trente-deux années qu'il employa sans interruption à former et à diriger les apôtres des Indes, du Japon et de la Chine, l'organisation définitive de leurs églises fut véritablement son ouvrage. Né î\ Chieti, dans les Abruzzes, en un temps où le Souverain Pontife Paul IV, encore simple archevêque de cette ville, était lié d'une intime amitié avec son père, le jeune Alexandre alla se présenter à lui, vers l'âge de vingt ans, plein de l'espérance de parvenir, sous sa protection, aux premiers honneurs de la cour romaine. Mais Dieu lui détacha le cœur de toutes les choses périssables ; après avoir vu deux papes emportés par la mort en moins de neuf ans, il ne sentit plus d'autre ambition sur la terre, que celle d'aimer et servir Jésus-Christ. Reçu au noviciat de Rome par saint François de Borgia, Alexandre Valignani aspira dès les premiers jours à imiter les plus saints compagnons d'Ignace, surtout dans leur union à Dieu et leur ardeur à se vaincre. En même temps il domptait son corps par des rigueurs ex-

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i02 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCH u'iTAME.

I.rêmes, par des jeûnes prolongés quelquefois trois jours de suite, et par le continuel usage d'un très rude cilice, dont tant de voyages sur terre et sur mer ne lui persuadèrent jamais de se dépouiller.

Quatre ans après son entrée au noviciat, saint François de Borgia le nommait, Maîti'e des novices. Parmi les jeunes religieux qu'il forma dès lors à la jilus haute perfection, la Compagnie lui dut le glorieux apôtre do la Chine, Mathieu Ricci. lînfin, sur les instantes prières des Eglises d'Orient, (pii depuis la mort de Xavier demandalcnl à grands cris riue légion d'hommes apostoliques, et, à leur tète, un chef capable d'organiser la propagation do la foi, le I'. l'iverard Mercurian, après une mûre élection, recommencée à plusieurs reprises, et autant de fois olferte à Notre- Seigneur, choisit le P. Valignani, bien qu'il n'eût pas encore trentesix ans, pour Visiteur de toutes les missions des Indes et du Japon, et lui donna trente-deux compagnons, avec l'autorisation d'en choisir lui-même huit autres dans les Provinces (pi'il allait tra- A'erser, de Rome à Lisbonne, sans que personne eût le droit de s'y o[)poser.

Au moment où le P. Valign!\ni s'embarquait sur la flotte des Indes, le Japon ne comptait |)as vingt apôtres, contraints presque tous d'errer de rovaume en royaume ; cl la Chine n'en avait pas un seul. A sa mort, il laissait dans l'empiie de Taïcosama, malgré les secousses de la persécution et de la guerre, près de centcinquante religieux secondés par plus de six (;cnts catéchistes indigènes ; trois cents églises et trentc-et-un centres de réunion pour les missionnaires ; un noviciat et une maison d'études jiour former des professeurs et dos prédicateurs de la foi ; doux séminaires

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