XVII JUIN
Le dix-septième jour de juin de l'an 1638, mourut saintement dans la mission des Philippines, après seize ans de travaux apostoliques, le P. Laurent GoreïO, né à Ferrare, très favorisé de Notre-Seig-neur, et d'une admirable g-énérosité. Il avait quitté le monde au commencement de sa dix-septième année, avec un ardent désir de devenir un saint ; l'esprit d'oraison, dans un degré bien rare à cet âge, fut l'un des principaux fruits de son noviciat. Parmi les salutaires industries qu'il mettait en œuvre pour s'avancer dans la perfection, deux des principales étaient une préparation extraordinaire aux fêtes des saints auxquels il avait plus de dévotion, et le vœu fréquemment renouvelé de faire quelque pratique de piété ou sacrifice, dont l'accomplissement lui coûtait le plus. L'Enfant Jésus lui apparut un jour pendant qu'il méditait sur les mystères de la crèche, et par une seule parole, le délivra de très cruelles peines intérieures qui le tourmentaient depuis six ans. Une autre fois, il lui traça sur le front son nom adorable, et le bénissant d'un signe de croix, l'invita tendrement à mettre jusqu'à la mort sa croix la plus chère dans une abnégation complète de son jugement propre, et lui fit voir sous une image sensible à quel dépouillement et à quels déchirements de la part
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des hommes sa divine et tout aimable Providence le destinait. Comme il venait, dans une autre circonstance, de renouveler ses vœux, pour la purification de Notre-Dame, sa poitrine s'ouvrit miraculeusement, et il vit aussitôt la Reine du ciel y déposer un cœur nouveau, en lui adressant ces paroles: a Garde bien ce cœur désormais, car il est à moi » ! Faveur à laquelle il répondit sur-le-champ par le triple vœu de ne jamais refuser, jusqu'au dernier jour de sa vie, rien de ce qu'on pourrait lui demander au nom et en l'honneur de Notre-Dame ; de propager en toute manière, et de défendre le culte de son Immaculée Conception ; enfin, d'ajouter chaque jour une heure de méditation à celle que ses règles lui prescrivaient déjà, pour l'amour de la très miséricordieuse Mère de Dieu. .
Velarde, Historin de la Provincia de Philipinas, l. 2, c. 6, n. 255, p. 102 et suiu.
* Le dix-septième jour de juin de l'an 1651, mourut à Rome le P. l'^RANÇois PiccoLOMiNi, huitième Général de la Compagnie de Jésus. Entré au noviciat de Saint-André à l'âge de seize ans, il se signala dès le premier jour par une estime singulière des règles et une fidélité scrupuleuse à les observer. Il disait que saint Ignace, en les donnant à la Compagnie, avait voulu faire autant d'anges de ses enfants. Sa ferveur, loin de s'affaiblir, grandit avec les années. Pendant ses études, son plus doux repos, les jours de congé, était de vaquer plus librement à la prière et à la mortification. Professeur des Nôtres, il ne s'attachait pas moins à former