XVII JUIN. • — P. FRANÇOIS PICCOLOMINI
des saints que des savants. Parmi ceux qui suivaient ses leçons de philosophie, il eut Ui bonheur de compter l'ang-cliquc F. Jean Herchmans ; et au jugement du P. Alegambe, le maître était en tout digue du disciple.
Cependant le P. Piccolomini aspirait à se dévouer au salut des Ames dans les missions de l'Inde les plus abandonnées et les plus fécondes en épines et en croix. Mais la Providence avait d'autres desseins. Après avoir enseigné la théologie, il remplit pendant sept ans la charge importante de Secrétaire de la Gom[)agnie ; il fut ensuite tour à tour Visiteur des Provinces de Naples et de Sicile, llecteur du Collège Romain, et Provincial de Rome, de Naples, de Milan et de Venise. Tant de hautes fonctions semblaient le préparer au gouvernement général de toute la Compagnie. Aussi quand le P. Vitelleschi mourut, on pouvait croire que tous les regards allaient se porter sur lui : sa réputation, ses vertus, son expérience, la faveur dont il jouissait auprès du pape Urbain VIII, qui l'avait pris quelque temps pour confesseur, le désignaient comme naturellement aux suiîrages de la Congrégation. Grandes furent sa joie et sa reconnaissance envers Dieu, quand il vit le Vén. P. Vincent Caraffa élevé à la charge suprême, et lui-même, après tant d'années passées dans le souci des affaires, redevenu simple ouvrier et confesseur des Nôtres au Collège Romain : « Oh ! quelle félicité, disait-il avec transport, de n'avoir plus à penser qu'à soi » !
Mais le P. Caraffa mourut bientôt, et la neuvième Congrégation choisit à sa place le P. Piccolomini avec un tel ensemble de voix qu'on ne se souvenait pas d'en avoir vu de semblable depuis notre l^ienheureux Père. Son généralat ne fut pas même de deux an-
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nées ; mais en ce court espace de temps, il déploya une rectitude, une prudence, une charité qui lui assurent à bon droit la reconnaissance de la Compagnie. Lui-même, à ses derniers moments, put déclarer avec une humble confiance, que dans toute son administration, il ne s'était jamais dirig-é par aucune vue d'intérêt propre ; cependant à la pensée du peu de bien qu'il lui avait été donné de faire, il conjura les Pères Assistants de ne pas inscrire son nom et de ne pas ranger son portrait parmi ceux des Généraux de la Compagnie.
A la nouvelle du danger on il se trouvait, la reine de l'rance fit offrir les services de son propre médecin ; mais les ressources de la science humaine étaient désormais impuissantes. Le malade endurait les plus étranges douleurs sans rien perdre de sa sérénité ; à chaque nouvel accès on l'entendait répéter : h Encore [)Uis, Seigneur ; encore pins ! oh ! qu'il est tloux de soullrir » ! et levant les yeux au ciel, il redisait avec un indicible sentiment de joie, les paroles de saint Ignace : « lieu, qiiain sordet terra ^ (/uni cœluni aspicio ! Enfin, il remit plein de confiance son unie entre les mains de Dieu, un samedi, jour consacré à Marie, comme il l'avait désiré et "demandé, emportant avec lui l'innocence de son baptême. Le P. Piceolomini était âgé de soixante-neuf ans, et en avait passé cinquante-trois dans la Compagnie.
Nadasi, Aiin. dier. mcmor., 17 jiin., p. 311). — ■ Dr.Ews, Fasti Soc. Jes., 17 Jiin., p. 229. — Sotuelus, Bibliotli., p. 2^i3. — he Backeiî, Bihlioth., V" cdit.. t. \, p. r).')2. — Litler. Ann. Socict., ann. 16.51, p. '.y. — Patrigna.ni, Menai., 17 giugrio, p. 117. — Aguu.era, Histor. Provtnc. Sicul., t. 2, p. 555.