‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 306 sur 331 · XVIII JUIN · texte numérisé non relu

XVIII JUIN

Le dix-huitième joui' de juin de l'an 1705, mourut sur Ja Hotte ])ortug-aise des Indes, en se rendant au Maduré, le P. I'erdinan» CiALiNi, d'une pieuse et noble famille de Brescia qui lui avait appris dès l'enfanee à n'aimer et à ne vouloir suivre que Jésus-CIirist. Sur ses premières années de vie religieuse, il reste malheureusement peu de détails. Nous savons seulement que lorsqu'il ensei- <^-nait la grammaire au collège de Bologne, ses écoliers s'arrêtaient dans ]'('>glise en quittant la classe, rien que pour lo voir prier, tant son attitude angélique les ravissait et les excitait à la piété ; en même temps, selon la reeonunandation de saint Ignace, il n'épargnait rien pour s'avancer avec une égale ardeur dans la connaissance des lettres humaines et dans toutes les vertus des saints. Parti de Gènes presque aussitôt après son élévation au sacerdoce, pour aller se joindre à Lishoniu^ aux nouveaux apôtres de l'Orient, il y commença dès les premiers jours la vie d'un géncîreux missionnaire. Non content de prêcher et de confesser, il établit encore parmi les matelots la pratique de la communion générale, et grâce à lui, ces pauvres gens semblaient n'avoir jamais été

plus rassurés contre les périls, ni si véritablement heureux. Aussi

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attribuèrent-ils à ses mérites d'avoir échappé aux fureurs de la mer et d'avoir repoussé victorieusement une attaque terrible d'un corsaire mahométan des côtes d'Afrique, bien qu'ils fussent à peine quarante chrétiens en état de porter les armes contre six cents ennemis environ. Durant le combat, Ferdinand Calini demeura sur le pont, son crucifix à la main, au milieu du sifflement des balles; et il entonna joyeusement le Te Deunx on voyant s'éloigner le pirate, furieux de lâcher sa proie.

Ce n'était pas d'ailleurs sans raison qiî'on attribuait à ses prières une vertu si j)uissanle; car nous savons que dès sou arrivée \\ Coïmbre, il avait coutume de visiter la nuit les malades, et de les délivrer des ardeurs de la fièvre, en leur faisant baiser quelijues reliques des saints. Forcé d'attendre en cette ville, après son cUu"nier examen de théologie, le départ des missionnaires, il résolut de s'applicpier surtout à la sanctification de son Ame, et demanda la permission de partager sans réserve la vit; et les pratiques des novices. Notre-Seigneur le récompensa libéralement de tant de ferveur et d'humilité. Pendant qu'il célébrait le saint sacrifice, au moment de se rembarquer à Lisbonne, il reçut de la bouche du grand apôtre des Indes l'avis de son prochain départ pour le ciel. Six semaines lui (Uaient encore données pour travailler au salut des matelots et des passagers. Le P. (lalini en profita héroïquement, et bientôt il s'acquit la réputation d'un saint, tellemeuL il se faisait le serviteur de tous pour gagner toutes les Ames à Jésus-Christ. Puis quand approcha le jour qu'il avait désigné pour sa mort, il demanchi qu'on l'étendît sur une croix; et comme on lui refusait cette grâce, il obtint du moins celle de consommer son sacrifice sur une misérable paillasse, et il ne cessa jusqu'à

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