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XVIII JUIN. V. PÉRKGRIN MANFREDINI

son dernier souffle de s'entretenir amoureusement avec son Sauveur. II n'était âgé que de trente ans.

Patrignani, Menologi'o, 18 giugno, p. 128. — Franco, Si/nopsis Annal. Soc. Jes. in Lusitan., anno 1705, /;. 420. — Raogunglio délia Vita ciel P. Ferdin. Calini.... Ronia, 1715.

" Le dix-huitième jour de juin de l'an 1703 s'éteignit saintement à Faenza le F. Pérégrix Mankredim, Scolastique, vivante image du patron de la jeunesse, dont il avait désiré célébrer la lete au ciel. Depuis le jour de sa première communion, il menait dans le monde la vie d'un religieux. Il avait ses heures réglées pour la prière, la lecture spirituelle et l'étude ; cependant l'amour de ses parents le retenait encore. Il semblait ne pouvoir rompre ces attaches si douces et si puissantes, quand la vue des novices de Bologne lui fit honte de ses hésitations. S'arrachant enfin généreusement à toutes les affections humaines, il alla solliciter la grâce de servir uniquement Notre-Seigneur dans la Compagnie. Sa ferveur n'eut pas besoin d'être stimulée; comme Louis de Gouzague, ([u'il prit aussitôt pour modèle, il fil <lc la pensée habituelle de Dieu et de la mortification le but de tous ses efforts. Mais docile à la direction de son Maître des novices, il s'appliqua de préférence ii la mortification intérieure, par l'observation des règles et l'empressement à se mettre au service de tous, sans souci de ses aises et de son repos. Au temps de ses études et dans les collèges, il était la ressource du Père Ministre pour tout emploi et tout travail plus pénibles. \}n Père âgé était extrêmement long à dire sa messe ;

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les jours de congé et pendant les vacances, le F. Manfredini ne cédait à personne l'honneur de la lui servir ; dans cet office de charité et dans les autres, il trouvait, disait-il, deux précieux avantages : contenter sa dévotion et épargner à ses frères une fatigue et un dérangement. Le petit collège de Bagnacavallo navait qu'un seul Frère Coadjuteur pour les différents offices domestiques. Lo F. Manfredini, en dehors des heures de sa classe, se multipliait pour lui venir en aide, au réfectoire, à la porte, à la sacristie.

L'autre caractère de ce saint religieux, avons-nous dit, était son amour pour nos l'ègles. Il ne cessait de les étudier afin d'en reproduire jusqu'aux moindres traits dans sa conduite. Comme saint Jean Jîerchmans, il ne s'endormait pas sans les avoir placées avec respect et amour à son chevel. Celles de la modestie en particulier étaient l'objet de sa plus jalouse sollicitude ; il les observait avec une si rare j»erfection, que les personnes du dehors qui ne savaient pas son nom, avaient coutume de l'appeler le Frère Modeste. Cette vertu était le reflet et comme l'épanouissement de son àme, habituellement recueillie en Dieu, et attentive, selon la recommandation de notre Bienheureux Père, à ne commencer aucune action sans l'avoir auparavant dirigée à sa plus grande gloire. Une maladie soudaine arrêta brusquement le F. Manfredini presfjue au début d'une vie qui faisait concevoir de si belles espérances. Une heure avant de mourir, il renouvela ses vœux, et plein de la joie d'aller célébrer au ciel la fête de Louis de Gonzague, il expira le sourire sur les lèvres, à l'âge de vingt-huit ans.

Patiuonani, Menai.., 18 giugno, p. 125. — Mazzoiaui, Comment, et Ellog., p. Uib.

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* Le dix-huitième jour de juin de l'an 1764, mourut à Rome, dans la maison professe du Gesù, le P. Ascanio Bocciiinkiu, d'une noble famille de Florence, et dont toute la vie se consuma dans l'exercice de la charité. Entré au noviciat de Saint-André, a l'âge de dixneuf ans, il prit aussitôt cette maxime pour règle de conduite : «Rien à moi; tout à Dieu et tout au prochain, pour l'amour de Dieu ». Il y fut fidèle toute sa vie, avec une générosité qu'on peut bien appeler héroïque. Au temps de ses études et pendant sa régence, il se constitua le serviteur et comme l'esclave de tous les autres, et ses compagnons lui avaient donné le glorieux surnom de coninuiii refuge de ses frères.

Après sa troisième probation et sa profession solennelle, il fut nommé Recteur du collège de Spolète : « En vérité, dit son biographe, on ne pouvait choisir une maison où sa grandeur d'àme parût avec plus d'éclat ». (^e collège était un des plus pauvres de la Province ; de plus, comme il se trouvait sur le chemin de Rome, un grand nombre d'étrangers venaient sans cesse y demander l'hospitalité, et augmentaient ses charges ; les privations s'y faisaient durement sentir pour la nourriture, le vêtement et les différentes choses nécessaires à la vie. Le P. Bocchineri ne put voir, sans en être vivement attristé, une situation si pénible ; et confiant dans le secours de Dieu, il résolut d'y porter remède, comme aurait fait notre Bienheureux Père lui-même. Or, c'était précisément l'année où le jubilé de 1750 et la Congrégation générale convoquée pour nommer un successeur au P. François Retz, attiraient à Rome une multitude de Pères, non seulement de l'Italie, mais des différentes contrées de l'Europe. Beaucoup passèrent par

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Spolète. Le P. Bocchineri les accueillit avec de telles démonstrations de joie et une telle libéralité, qu'ils ne savaient comment témoigner leur reconnaissance ; arrivés à Rome, ils proclamèrent hautement que le Recteur de Spolète était « un vrai Recteur selon l'esprit de saint Ig-nace et un parfait modèle des supérieurs de la Compagnie». Cette générosité n'était pas pour la forme, limitée à certains jours et aux étrangers; le P. Bocchineri pensait d'abord à ceux qui lui étaient confiés ; il les pourvoyait largement de tout ce qui est convenable selon notre condition : « Car, disait-il souvent, plus je traiterai mes inférieurs avec libéralité selon les usag-es de notre Compagnie, plus la bénédiction de Dieu se répandra sur le collège et sur ses revenus ».

L'auteur de la notice à laquelle nous empruntons ces détails, raconte qu'il eut quatre fois l'occasion de recevoir l'hospitalité du saint Recteur. La première fois, il était encore novice et se rendaien pèlerinage à Assise avec deux compagnons. Le P. Bocchineri, sans se faire connaître, courut à la rencontre des pèlerins jusqu'au bas de l'escalier, les embrassa tendrement, leur lava les pieds, et malgré leurs protestations, dressa lui-même leur lit; il les retint ensuite trois jours au collège, et au départ, les pourvut de bonnes montures jusqu'à leur prochaine étape, et d'un abondant viatique qu'un domestique était chargé de leur porter. Quelques années plus tard, ce môme novice fut nommé Vice-Recteur de Spolète. Il eut, dit-il, la curiosité de voir les comptes du P. Bocchineri. Or il constata que jamais la situation du collège n'avait été si prospère ; les recettes dépassaient considérablement les dépenses, et à sa sortie de charge, le P. Bocchineri, administrateur aussi vigilant que libéral et magnifique, avait laissé de grosses sommes

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U'arg-eiit en caisse, el des provisions de toute sorte dans les greniers.

(Jette charité ne l'empêchait point d'apporter une vigilance extrême à l'observation des règles ; il regardait justement cette sollicitude comme son premier devoir. Recteur de Spolète et ensuite d'Arezzo, puis successivement Ministre à Saint-André et au Gesù de lîomc, il fit régner partout une admirable régularité; s'il avait à reprendre ou à punir, il le faisait avec une autorité si calme, si exempte de toute passion, que le coupable ne pouvait s'empêcher de dire : « Le Père Ministre a raison ; il remplit son devoir ; à moi de faire le mien ». Au reste, il ne se prévalait de sa charge que pour s'attribuer les fardeaux les plus lourds et se dépenser sans ménagement. Les liô[)itaux, les prisons étaient le théâtre ordinaire de son zèle ; au milieu de beaucoup de contradictions, il parvint à fonder une congrégation de coiffeurs et de barbiers, dont la détresse spirituelle et les périls auxquels il les voyait exposés, l'avaient vivement touché.

Les plus belles vertus faisaient cortège à la charité chez cet homme de Dieu : une parfaite modestie, une admirable composition de tous les sens extérieurs, une innocence angélique gardée jus- (\nl\ la mort dans toute sa iieur, une abstinence très rigoureuse voilée sous le couvert de l'hygiène, enfin une union à Dieu pres- ([ue continuelle. Cette vie consacrée tout entière à la charité devait être couronnée par un acte de charité. Une grande disette avait fait affluer à Rome de toutes les campagnes environnantes une multitude de pauvres. Par ordre du Souverain Pontife Clément XIII, les Pères de la Compagnie furent chargés du soin spirituel de ces nudheureux, qu'on avait rassemblés, les hommes d'un côté, les A. I. — T. 1. — 88.

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femmes de l'autre, clans d'immenses salles qui servaient de greniers publics. Le P. Bocchineri fut des premiers à courir à leur secours. Pendant deux mois entiers, il se prodigua aux sains e[ aux malades avec un dévouement admirable. Mais enfin ses forces fléchirent ; après quelques jours de souffrances, l'héroïque imitateur de la charité de Jésus-Christ expira joyeusement et plein d'espérance. Il était Agé de cinquante-trois ans et en avait passé trente-quatre dans la Compagnie.

Vùa ( ms. ) ciel P. Ascanio-Maria Bocchineri délia Provincia Romana ( Arch. Rom. ).

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