XIX JUIN
Vers le dix-neuvième jour «le juin, moururent dans la Province de Sicile le P. Jean Lomeltjni à Messine en 1580, et le F. Goadjuteur Thomas Cannone l'an 1611 à Palerme, vénérés l'un et l'autre comme des saints.
Le P. Jean Lomellini, également riche de tous les trésors de la nature et de la grâce, n'avait guère d'autre emploi que celui de confesseur ; mais il le i-emplissait avec tant de zèle, de mansuétu- <le et d'infatigable assiduité, qu'il était appelé le père de toute la ville de Messine. Sa mort fut véritablement un <leuil public, tant il avait su gagner les cœurs en cherchant uniquement à faire aimer Dieu. Il était âgé de quarante-neuf ans, et en avait passé Irente-et-un dans la (^iOmpagnic.
Quant au !'. Thomas Cannone, le travail, l'obéissance et la prière faisaient toutes ses délices. Il s'adressait surtout aux saints anges et à la Reine du ciel avec la plus aimable familiarité. Les grâces f[u'il en reçut en échange, furent inelîables. On en peut lire le récit <lans toutes les notices de sa vie. Un jour qu'il revenait tout haletant d'un rude travail, accompli <le grand matin par obéissance, et s'approchait de la table sainte, on vit à ses côtés deux
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anges essuyant les flots de sueur qui ruis'^claient de son visag-o. Peu d'heures après sa mort, comme il était exposé dans l'église, Notre-Dame, accompagnée d'un nombreux cortège d'esprits bienheureux, descendit soudain du ciel, cl fit respectueusement le tour de la sainte dépouille, en agitant r<iicensoir et l'embaumant de tous les parfums du ciel.
P. Jean Lomei.lini. — Litter. Anit. Soc. Jcs.^ anno lôSG, p. Gl. — Ai.- BKRTi, Istor. délia Provinc. di Sicil., p. r)79.
F. TiioM.vs Cannone. — Nadasi, Anii. dier niemor., l?" /un., p. 318. — Drews, Fosti Soc. Jcs., 17* jun.. p. 229. — Aguilep.a, Histor. Pro^inc. SicuL, t. 1, p. (j'i9.
Le dix-neuvième jour de juin de l'an 1611, mourut dans la maison professe de Naples le P. .Antoine Riyalda, un des religieux bannis cinq ans auparavant par la République de Venise, et (pie lit si libéralement subsister dans leur exil, [)ar ses royales aumônes, la princesse de Bisignano, Isabelle de la Rovère, l'une des plus illustres bienfaitrices de la Compagnie. Le P. Rivalda aimait surtout les ministères oii se rencontraient à la fois plus de peine et moins d'honneur ; comme d'être appelé- de nuit, par les plus mauvais temps, [)Our la confession des malades, de travailler dans les hôpitaux, et d'évangéliser les pauvres et les prisonniers. Souvent il priait à genoux son supérieur de lui accorder toujours en cela la préférence sur les autres. Dans l'intérieur de la maison, il aimaiî à remplir, dans ses moments libres, les offices