XX JUIN
Le vingtième jour de juin de l'an 1626, mourut glorieusement sur la sainte montagne de Nangasaqui, le Bienheureux P. Jean- Baptiste Zola, de la Province de Venise, couronnant dans les flammes trente-trois années de vie religieuse et vingt années du plus héroïque apostolat. 11 travaillait à peine depuis quelques mois au Japon, lorsque le Vén. P. Jean-Baptiste de Baëza, éclairé par une lumière prophétique, lui adressa un jour en le bénissant, les paroles dont se sert le prêtre au saint sacrifice pour la bénédiction de l'encens que la flamme va consumer : Ah illo benedicaris in ciijus honore cremaheris ». Quatre ans avant sa mort, les deux grands martyrs Charles Spinola et Paul Navarro lui promirent à leur tour qu'en arrivant l'un et l'autre devant la face de Notre-Seigneur, ils lui obtiendraient le bonheur de mourir comme eux par le feu.
L'heure du sacrifice tant de fois annoncé sonna enfin ; le P. Jean-Baptiste Zola la salue avec joie : « Et maintenant, écrit-il des prisons de Ximabara, Dieu me voyant épuisé de forces et accablé d'infirmités, me fait cette grande miséricorde ; que son saint nom soit béni ! Quand le bœuf ne peut plus porter le joug, on l'immole : comme lui, je n'étais plus bon à autre
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tre chose. Mais je n'osais me flatter d'une pareille grâce, songeant aux démérites et à la grandeur de mes péchés. Dieu merci, en attendant l'heure d'être consumé, nos cœurs surabondent ici de joie. Notre seul regret est de ne pouvoir obtenir dans notre cachot ni les ornements sacrés pour célébrer la sainte messe, ni ((uelrpies livres spirituels et en particulier notre bréviaire. On ne nous a pas même laissé nos chapelets. Mais pour nous en dédommager autant que possible, nous jeûnons et nous prions de cœur et de bouche ; et le Seigneur, qu'il en soit loué dans le ciel à jamais ! ne cesse de soutenir notre courage et de nous prodiguer ses consolations ». Dans la même lettre, le martyr de Jésus-Christ <U;clarait que l'une de ses plus vives peines était de se voir traité îivec trop d'égards, et de n'avoir pu obtenir qu'on le liât de chaînes comme un malfaiteur, en attendant le bienheureux jour où les llammes devaient le consumer, après six mois de captivité.
CoRDARA, Histor. Societ. Jesu, part. G», l. Il, n. 'l'îl , p. 80. — B\u- TOLi, Il Giappone, L 4, p. 172; ibid., p. 2(52 et suiv. — Sotuelltjs, Biblioth., p. 420. — Patrignani, Menol., 20 giugno, p. 144. — Nadasi, Ann. dier. memorab., 20* j'un., p. 325. — Drews, Fasti Soc. Jcs., 20^ jun., p. 233. — Alegambe, Mortes illustres, anno 1626, p. 381. — Nierembehg, Varones ilustres, t. 4, p. 571. — Charlevoix, Histoire du Japon, t. 5, p. 143 et suiv. — Grasset, Histoire de l'Eglise du Japoii^ t. 2, l. 17, p.
* L'an 1684, on ignore quel mois et quel jour, mourut à l'abbaje de Fiastra, le P. Léon Lanci, modèle d'une haute perfection
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<laus l'exercice des plus Immbles emplois. Après avoir consacré trente annccs de ^a vie à rcnseig-nemcnt d'une classe de petits enfants, il demanda comme une grâce de choix d'être envoyé dans la plus obscure maison de la Province Romaine, l'abbaye de Fiastra, dans la Marche d'Ancône. Là, le bon vieillard se livra sans mesure à son amour de la vie cachée et laborieuse. Instruire les fidèles, entendre les confessions, aider les Frères Coadjuteurs, remplir à leur place les plus bas ofiîcos, étaient ses occupations de chaque jour ; il ne pouvait soufl'rir le repos. Les populations l'entouraient de vénération comme un patriarche et un saint. Sa physionomie imposante, ses traits nobles et g-racieux le faisaient comparer au glorieux martyr Eléazar, dont il est parlé au second livre des Machabées. Le P. Lanci s'endormit doucement dans le Seigneur, sans soulVrances et sans agonie, h l'âge de quatre-vingt-dix ans.
PATruGN\Ni, Menol., 10 giugno, p. .59. — 2 Machab,, 6, 18.